Autonomie

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On parle beaucoup d’autonomie en agriculture : autonomie fourragère, autonomie des moyens de production, etc. On parle beaucoup moins d’autonomie intellectuelle. Cette autonomie intellectuelle est pourtant l’essence de l’homme libre comme aime – aimait ? – se définir l’agriculteur. Elle participe à cet autre enrichissement. Cet enrichissement autrement plus riche que tout humain éclairé aspire à acquérir au cours de sa vie.

Pour faire fonctionner ce moteur de l’autonomie intellectuelle, il faut lui apporter du carburant. Pendant les 30 glorieuses, le mouvement jaciste, puis la vulgarisation agricole, ont ouvert et nourri les esprits curieux. La modernisation agricole bretonne y puise une bonne partie de ses racines.

Dans un monde complexe où le rendement de blé ne fait plus à lui seul le revenu, il convient d’élargir ses horizons pour enrichir sa réflexion et mieux comprendre le monde. En cette fin d’août propice au repos du moissonneur, la douceur des soirées estivales doit inciter à reprendre les commandes de sa propre réflexion. De ne plus se laisser anesthésier par ces flots d’information en continu, ces futilités et superficialités diffusées par torrents qui ramollissent le cerveau et s’évanouissent comme un feu de paille.

Nourrir sa propre réflexion passe par un certain isolement de l’agitation ambiante, par la réappropriation d’une certaine lenteur et la redécouverte du silence. Ainsi installé à l’ombre d’un vieux chêne, un livre en main, sortons des « chantiers battus » pour se forger sa propre opinion. Car comme l’écrit Haruki Murakami, dans La Ballade de l’impossible : « Si vous ne lisez que les livres que tout le monde lit, vous ne pouvez penser que ce que tout le monde pense. »


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