Pantophobie

Peur de tout. Tel est la triste condition du pantophobe. Peur des ondes électromagnétiques, peur des effets délétères des médicaments censés le soigner. Peur des fruits qui seraient contaminés par des pesticides ; peur des légumes qui ne seraient rien d’autre que des mutants du génie génétique. Pour le pantophobe, même les aliments naturels sont suspects : la viande de bœuf est vecteur de cancer ; ne parlons pas de la charcuterie. Peur du soleil, de la pollution, des vaccins, du compteur Linky, des poils de chat, etc.

Appelez donc un scientifique pour lui démontrer que ses peurs sont infondées ! Il ne le croira pas. Parce que le pantophobe n’est pas seulement anxieux, il est méfiant. Perfusé en continu d’informations anxiogènes à la télévision ou sur Internet, il imagine que la vraie vie est une comédie tragique cousue de mensonges. Son jugement est sans appel, à l’image de ce pouce dressé ou renversé sur les réseaux sociaux.

Un chercheur tenterait-il de démontrer qu’il n’y a pas de risque à manger un bon steak par semaine ? Le scientifique est forcément partial car « acheté » par les lobbies ou les industriels de la viande. Ses propos sonneront immanquablement le conflit d’intérêts. Savoir qui finance les recherches est devenu plus important que les conclusions même de la plus sérieuse étude menée avec une grande rigueur scientifique. Dans un monde dominé par le principe de précaution et de suspicion, le chercheur est devenu inaudible. Parce que l’émotion fait l’opinion. Parce que la croyance domine la connaissance. Dans la Grèce antique, on tuait déjà les hommes qui détenaient la vérité… Rien n’a changé, sauf les armes.


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