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Le Gaec du Cosquer module ses apports d’azote sur blé et colza

Fractionner les apports et les moduler en fonction du zonage. À l’instar de nombreux agriculteurs, Christian Morvan a testé la modulation intra-parcellaire des doses d’azote sur sa ferme du Cosquer, à Pluméliau.

Christian Morvan, associé à son frère au Gaec du Cosquer, utilise le système d’agriculture de précision Géosys. À partir de cartes de préconisations établies par satellite, il module ses doses d’azote, apportées par pulvérisation. Un peu plus à certains endroits de la parcelle, un peu moins à d’autres. L’assistance d’un GPS lui permettait déjà de gérer les coupures de tronçons de son pulvérisateur pour limiter le taux de recouvrement des passages lors des traitements. Il est passé, cette année, à l’étape suivante en modulant ses doses de fertilisants liquides sur deux parcelles de blé et de colza. Avec des résultats probants. Les données de biomasse (cartes) sont transmises par mail par les gestionnaires du système Géosys, collectées sur une clé USB, et transférées à l’ordinateur embarqué dans la cabine du tracteur qui convertit automatiquement l’unité d’azote en kilogrammes d’engrais une fois l’intrant sélectionné.

12,4 % de protéines

Le blé de variété Lyric a été semé fin octobre 2014. Pour un objectif de 95 quintaux, le plan de fumure prévoyait un apport de 205 unités d’azote (UN). « J’ai fait trois passages, dont les deux premiers de solution azotée au pulvérisateur. Seul le second, le 26 mars, a été modulé : de 95 UN à certains endroits de la parcelle à 113 à d’autres ». Le 3e apport, en mai, a été réalisé avec de l’ammonitrate. « Le temps était très sec, je craignais de brûler les plantes ». Au total, certaines zones ont reçu 209 UN contre 224 UN pour les plus gourmandes. Le rendement moyen était proche de 100 q/ha (un peu supérieur dans les zones plus fertilisées), avec un taux de protéines de 12,4 (identique sur l’ensemble des zones).

Besoins très variables sur la parcelle de colza

Le colza a été semé début septembre avec un objectif de rendement de 45 q/ha. La dose recommandée pour l’atteindre était de 65 UN à l’implantation et 148 UN au printemps. « J’ai épandu de la fiente de poule à l’implantation et réalisé un apport non modulé de 90 UN, le 4 mars. Le 26 mars, j’ai modulé la dose en fonction des préconisations : de 21 UN à certains endroits contre 100 UN à d’autres ». Au total, la fertilisation s’est échelonnée de 111 UN à 190 UN en fonction des zones. Le rendement moyen a atteint 42 q/ha. « Le rendement a été proche de zéro en raison de la verse, dans une zone encaissée qui a reçu plus d’azote ». La technologie ne fait pas tout et ne remplace l’œil et l’intuition du producteur. Christian Morvan est néanmoins décidé à poursuivre les essais l’an prochain, avec une modulation de tous les apports, si possible. La prestation coûte 15 €/ha. L’équipement (barre de guidage et coupure de tronçons pour les traitements) a coûté 4 500 €.

La haute technologie dope les céréales

Les technologies permettent de réaliser la modulation à partir de cartes de préconisation de type Farmstar ou Géosys, établies par satellite.

  • Farmstar est, par exemple, le résultat d’une collaboration entre Airbus pour l’imagerie et Arvalis pour l’agronomie. 700 000 hectares de blé, de colza et d’orge, sont déjà suivis par ce système en France. L’agriculteur s’engage en fin d’année. Il reçoit trois à quatre cartes de ses parcelles indiquant les doses à épandre en fonction de la zone. La première, début mars, (dates en fonction du semis, variété, précocité région) mesure la biomasse présente. La seconde (fin mars) calcule la croissance de cette biomasse et le nombre de tiges à plus de trois feuilles, seules à porter les épis. Les deux cartes suivantes, en fin de montaison, sont des préconisations pour le dernier apport. Le prix est de 15-16 € par hectare engagé.
  • Le drone d’Airinov est une technologie plus jeune en termes d’imagerie et de référentiel agronomique. Les préconisations reposent sur le même principe que les systèmes par satellites. La précision de la carte, issue du vol du drone, est plus forte. L’engagement coûte 11-12 €/ha.
  • Autres approches : le principe de la réflectance (concept N-Sensor ) est basé sur des capteurs optiques montés sur le tracteur qui évaluent en instantané l’état de nutrition azotée des céréales et du colza. Le système N-Pilot (appareil portatif) avec lequel l’agriculteur visite ses parcelles. Le lien avec le conseil est immédiat. Son coût est de 2 500 € (ou 30 € la parcelle avec des conseils indépendants). Les variations de lumière (nuages) peuvent nuire à la précision des mesures. Par contre, l’opérateur intervient quand il le souhaite, en fonction par exemple, des prévisions météo. Le système N-tester (1 630 € à l’achat) mesure la chlorophylle. L’information est rapide mais l’interprétation des résultats peut être aléatoire (il faut faire les mesures sur les bonnes feuilles, au bon stade). Contrairement à l’imagerie par satellite ou par drone, ces deux derniers systèmes ne permettent pas les apports modulaires de fertilisants. Bernard Laurent
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