Dossier technique

De bonnes mottes pour bien accueillir les graines

Des idées plein la terre, Dol-de-Bretagne (35) - En utilisant les systèmes de moulage de motte de chez SpidPlant, ce jardin partagé est équipé de matériel professionnel qui facilite les semis et permet aux plantes de très bien se développer.

Une femme souriante accroupie dans une serre avec des carottes avec des carottes dans les mains - Illustration De bonnes mottes  pour bien accueillir les graines
Elsa Leclercq est coordinatrice technique bénévole de ce jardin partagé. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

C’est un petit jardin associatif et partagé qui borde l’abbaye de Dol-de-Bretagne (35), sur lequel « 536 m2 sont cultivés », chiffre précisément Elsa Leclercq, coordinatrice technique bénévole de ce lopin de terre nommé « Les jardins de l’abbaye ». Dans ce calcul de surface, la spécialiste en maraîchage a retiré toutes les parties non productives, comme les passe-pieds. À l’intérieur de ce jardin, les cultures s’enchaînent, hors de question de laisser, ne serait-ce que quelques jours, un carré nu.

Des outils de fabrication de mottes horticoles posés sur une table
Les différents moules utilisés par le jardin

Espace partagé ne signifie pas amateurisme : Elsa Leclercq s’inspire du modèle de maraîchage bio-intensif enseigné par Jean-Martin Fortier, qui consiste à produire le maximum de légumes sur un minimum de surface. « Nous avons re-rendu cet endroit nutritif », aime résumer la responsable. Lancé en juillet 2024, les « montagnes de ronces ont été retirées, nous sommes partis d’une friche ». Désormais bien en place, « toute la technique de maraîchage est pensée, tout comme l’ergonomie des tâches à réaliser. Le savoir-faire n’est plus une contrainte, tout est mutualisé et chacun travaille selon ses capacités ».

Laisser libres les racines

Lors de la quasi-intégralité des opérations de semis, le jardin et les bénévoles utilisent des presses-mottes manuelles Spidmot de la société aveyronnaise Spidplant. « J’affectionne particulièrement le modèle 56 mottes car il est multifonction. Aussi, c’est du matériel solide, durable et fabriqué en France ». En 2 démoulages, un plateau de 112 mottes est façonné.

112 mottes moulées simplement et rapidement

Concrètement, après avoir préparé le terreau en l’arrosant copieusement et en le laissant reposer quelques minutes pour qu’il s’imbibe bien d’eau, ce support est étalé dans les alvéoles, celles-ci correspondant à la largeur d’un demi-plateau à mottes. Le moule est ensuite posé sur ces alvéoles, le démoulage se fait tout en douceur. Des tétons clipsables créent une petite cavité sur le haut de la motte, qui recevra ensuite la graine. Une fois celle-ci positionnée à la main, du terreau sec est ajouté en surface, sans être arrosé car les mottes sont déjà suffisamment humides. Ce principe de culture « est très simple à expliquer aux bénévoles, il suffit de 10 minutes de présentation ».

Un cageot avec des mottes horticoles
Il ne reste plus qu’à semer.

En comparaison avec des plaques de semis classique en plastique, Elsa Leclercq remarque un développement différent des plants quand ils sont élevés dans des mottes libres. « Les racines ont un autre comportement, elles se dirigent vers le bas, ce qui correspond bien à la subirrigation pratiquée ici. Il y a beaucoup moins de dessèchement ». Ces racines explorent le support de terreau, « elles apprennent qu’il n’y a pas de limites. Dans des plaques en plastique, elles finissent par s’enrouler sur elles-mêmes, perdent de l’énergie pour rien ». La différence est visible sur le jardin : les plantes ont une meilleure reprise, « il y a moins de pression et de stress à la transplantation. Si l’hygrométrie est bonne, la motte se tient bien. L’erreur est d’avoir des mottes sèches, dures comme du béton ».

Une main présente un plant de légume et des barquettes de plants sont posées sur une table dans une serre
Les racines sont beaucoup plus libres, les plants sont 
plus vigoureux.

Optimiser l’espace

Les jardins de l’abbaye occupent de façon optimum l’espace qui lui est alloué. Le paillage est en partie composé de déchets de tonte de la commune. « Nous mélangeons les espèces car nous avons peu de place. Je m’attache à regarder l’espace que chaque culture occupe par rapport à ses besoins. Par exemple, le basilic se positionne très bien sous les plants de tomate, car l’espace est optimisé en se protégeant mutuellement ». La production de ce jardin collectif « est partagée, il n’y a aucune parcelle individuelle. L’important est de faire comprendre aux gens que l’on peut se nourrir tout en faisant de l’écologie. Le jardin ne ferme jamais, il fonctionne 12 mois sur 12. Les bénévoles repartent avec des légumes, nous vulgarisons des techniques professionnelles pour des non-maraîchers », conclut la responsable.

Fanch Paranthoën

Bien préparer la saison en amont

Le potager urbain est également équipé d’un petit presse-mottes de 20 compartiments utilisé pour remplir des caisses de maraîchage de 400 mottes. Cet outil sert surtout en hiver pour préparer la saison, les graines, une fois germée, sont repiquées dans des mottes plus grandes. Pour ce faire, les jardiniers utilisent des tétons carrés dans les moules pour créer une cavité plus grande.

Un outil pour semer

La société Spidplant dispose aussi à sa gamme d’un semoir adapté aux différents besoins. Le principe est relativement simple : après avoir sélectionné la plaque percée qui correspond au diamètre de graine à semer et après avoir étalé ses semences, l’appareil est déposé sur les mottes. En actionnant des manettes, le bon nombre de graines est libéré et tombe directement sur la motte pré-moulée. L’opération est à renouveler pour semer une caisse complète de mottes.


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