Les vecteurs des FCO et MHE sont là

La dynamique des populations de culicoïdes, moucherons dont certaines espèces sont responsables de la transmission des maladies FCO et MHE, est suivie. Dès mars, le nombre de ces insectes à risque avait déjà sensiblement augmenté.

Trois hommes et une femme posenty devant la table d'alimentation d'un bâtiment d'élevage abritant des génisses de race Montbéliarde - Illustration Les vecteurs des FCO et MHE sont là
Grégoire Kuntz (GDS Bretagne) Mickaël Martin (vétérinaire rural) chez Isabelle et Thierry Jouanno. | © Paysan Breton - T. Dagorn

Lors de précédents épisodes de FCO, une surveillance des moucherons vecteurs avait été effectuée de 2009 à 2012 puis de 2015 à 2018 sous l’égide de la DGAL. Cette surveillance est relancée, conduite cette fois par GDS France et le Cirad. Sur deux ans, 21 sites en France continentale sont ainsi suivis. En Bretagne, le piégeage est réalisé sur une ferme du Morbihan. « Sur chaque site, une nuit toutes les deux semaines, un piège est placé à proximité de bovins ou de petits ruminants », explique Grégoire Kuntz, de GDS Bretagne.

À vecteurs précoces, FCO avancée

Le piège conique est équipé d’une lumière noire attirant les insectes et d’une double paroi de mailles pour sélectionner les très petits culicoïdes, détaille le vétérinaire. Ensuite, les captures sont envoyées aux entomologistes du Cirad qui inventorient les forces en présence à la loupe binoculaire. « Il existe une centaine d’espèces de ces moucherons. Plusieurs peuvent être vectrices, même si obsoletus est responsable de la majorité des transmissions. »

Ce recensement a démarré en janvier. « L’objectif est de savoir quelles espèces sont présentes, dans quelle densité et sur quelles périodes », résume Grégoire Kuntz. Suivre la dynamique des populations de vecteurs aide à comprendre la diffusion des maladies. « Or le comptage de mi-mars témoigne d’une vraie augmentation du nombre de culicoïdes adultes. En l’absence de grand froid l’hiver, la reprise de l’activité vectorielle est de plus en plus précoce », rapporte l’observateur. « Avant, la période de la FCO, c’était plutôt septembre. L’année dernière, on l’a eue en juillet – août en Bretagne. Là, les insectes sont en activité, il est grand temps de vacciner pour les éleveurs qui ne l’ont pas encore fait. »

Vacciner plutôt que subir

Chez Isabelle et Thierry Jouanno, à Saint-Aignan (56), le rappel pour la FCO 3 et la MHE a été réalisé le 1er avril sur 200 bovins. Celui pour le sérotype 8 va suivre. « Je préfère toujours anticiper en faisant de la prévention que subir. Pour moi, la vaccination est la meilleure des protections », estime la présidente de la zone GDS Haut-Blavet. Elle reste marquée par les témoignages d’éleveurs dont les troupeaux ont été très impactés par la FCO et encore plus par la MHE dans d’autres régions. « Plus les Bretons vaccineront dans les campagnes, plus le territoire sera collectivement protégé », termine-t-elle.

Toma Dagorn

Le prix de la tranquillité

Avec une bonne contention, les vaccins contre la MHE et les FCO 3 et 8 peuvent être faits en même temps, rapportent les vétérinaires. Si l’éleveur réalise le chantier, compter 20 à 30 € pour la primo-vaccination (trois injections, trois rappels). L’année suivante, le rappel n’exige qu’une seule injection par maladie. « La vaccination a un coût alors que le prix du lait baisse. Mais ce coût est moindre par rapport aux médicaments, pertes de lait, retards en reproduction et temps à soigner des animaux malades », estime Isabelle Jouanno.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article