Le datura inquiète le monde agricole

Originaire du Mexique, le datura stramoine s’implante discrètement mais sûrement dans les champs bretons. La rotation des cultures est le moyen le plus efficace pour s’en débarrasser.

Plants de datura  - Illustration Le datura inquiète le monde agricole
Des plants de datura, repérés par drone, dans un champ de légumes.

Un fléau. C’est ce que pourrait devenir cette adventice, reconnaissable à ses grandes feuilles et à ses fleurs blanches en trompette, d’une toxicité extrême qui alerte autant les agriculteurs que les autorités sanitaires. Le danger est réel. Le datura contient des alcaloïdes puissants, capables de provoquer hallucinations, troubles cardiaques sévères, voire la mort. Le problème survient lorsque ses graines, très petites, se retrouvent mêlées aux récoltes, notamment de maïs, de tournesol, de sarrasin… « Quelques graines suffisent à contaminer une production entière. Pour le pois, le flageolet ou le sarrasin, c’est tolérance zéro », rappelle Olivier Audras, de la Fredon Bretagne. Les conséquences économiques peuvent être lourdes, avec des lots retirés du marché et des pertes financières importantes. « Le tournesol est la culture la plus à risque car elle a le même cycle et couvre peu le sol ». Au-delà du risque sanitaire, la plante pose aussi un défi agronomique. Dotée d’une croissance rapide, elle concurrence directement les cultures. Sa capacité de reproduction est impressionnante : « Il peut monter à graine en trois semaines ; un seul pied peut produire deux mille graines, capables de survivre une quarantaine d’années dans le sol ».

C’est l’homme qui disperse le datura

La prévention passe par l’utilisation de semences certifiées et le nettoyage rigoureux du matériel pour éviter la dissémination. « Il n’y a, à ce jour, aucune communication vers les ETA », déplore le biologiste. Les pratiques agronomiques jouent un rôle clé dans la lutte : allonger les rotations de cultures, alterner cultures d’hiver et de printemps, pratiquer le faux semis. Le désherbage mécanique, comme le binage ou l’arrachage manuel, « avec des gants », s’avère efficace s’il est réalisé avant la floraison. « S’il y a déjà des bogues, il faut exporter la plante du champ et la mettre sous une haie dense où les graines ne pourront pas pousser. Il ne faut pas la brûler, la fumée est toxique ». À titre d’exemple, le Parc naturel régional du Golfe du Morbihan met à disposition un caisson spécifique pour les déchets de Datura (incinération industrielle). Les solutions chimiques existent également, mais leur efficacité varie selon les cultures et les conditions.

Bernard Laurent

L’ambroisie, au sud d’une ligne Quimper-Rennes

Dotée d’un pollen très allergène, qui se disperse en fin d’été, et qui provoque de véritables problèmes sanitaires dans certaines régions françaises, l’ambroisie est vivace sur les bords de route et dans les terrains vagues. Elle s’implante facilement dans le tournesol et le sarrasin. La lutte est obligatoire par arrêté préfectoral. La chimie est efficace mais les résistances émergent.


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