En aviculture, la coccidiose se hisse sur le podium des maladies les plus fréquentes et les plus coûteuses. « Elle représente un coût de 18,7 centimes par animal », rappelle Sarah Betz, vétérinaire chez Elanco, lors de leur symposium volaille organisé en mars 2026. À l’échelle européenne, son coût a été estimé à 1,2 milliard d’euros en 2022. « La maladie est en augmentation, notamment sur les poulets lourds. Comme les animaux restent plus longtemps dans le bâtiment, les parasites ont davantage de temps pour se développer. L’évolution du modèle de production joue aussi un rôle : les bâtiments se sont spécialisés, les sols en béton sont plus difficiles à désinfecter… Dans un contexte où chaque m2 compte, gérer la coccidiose est essentiel. » Depuis 2019, la sévérité des lésions provoquées par E.acervulina et E.maxima, deux espèces majeures responsables de la maladie, est en hausse.
Un coût de 18,7 centimes par animal
Un plan d’action fédérateur
« Depuis 2022, nous travaillons avec la coopérative drômoise Valsoleil », explique Sarah Betz. « Ensemble, nous avons mis en place un plan d’action destiné à améliorer le poids et la coloration des animaux, réduire les traitements et améliorer le revenu des éleveurs. » Le dispositif s’appuyait initialement sur huit élevages disposant chacun de deux bâtiments conduits en parallèle avec des lots synchronisés. La seule variable étudiée était le programme anticoccidien. Le lot test recevait un programme à base de Maxiban 100 ppm de 0 à 28 jours, tandis que le lot témoin suivait un schéma robénidine (0–20 jours) puis salinomycine 70 ppm (21–28 jours). Le suivi reposait sur un monitoring sanitaire approfondi via l’outil HTS, incluant autopsies régulières et évaluation de 38 critères digestifs et lésionnels. Après validation des résultats, le protocole a été étendu dès janvier 2024 à l’ensemble des 45 élevages que compte le parc de poulet standard.
Améliorations technico-économiques
« Les résultats de fin 2025 ont montré un gain de productivité de 3,5 % pour les lots incluant Maxiban en phase de démarrage », souligne la vétérinaire. « L’indice de consommation a diminué de 3,5 points et le GMQ a augmenté de 1,9 g/j. Pour les éleveurs, cela se traduit par un gain de 1,15 €/m2. » Les interventions médicamenteuses à base d’antibiotiques ont, quant à elles, chuté de 33 %, et l’indice lésionnel de E.acervulina est passé de 0,84 à 0,64.
Alexis Jamet
L’émergence des Eimeria cryptiques
Les Eimeria dites « cryptiques » correspondent à des espèces de coccidies récemment identifiées chez le poulet, génétiquement distinctes des espèces classiques. Encore mal documentées en conditions terrain, ces espèces renforcent néanmoins l’intérêt d’un monitoring digestif élargi et d’une approche globale de la maîtrise de la coccidiose intégrant suivi lésionnel, performances et qualité de l’intégrité intestinale.

