La pousse de l’herbe mesurée du 28 avril au 4 mai est en moyenne 42 kg de MS/ha/jour, en légère baisse. Sur certains sites qui pâtissent du manque d’eau, la croissance a chuté. La météo annonce le maintien d’un régime d’averses avec des températures tout juste de saison.
Beaucoup de fauches ont été réalisées ces dernières semaines où les conditions météo étaient favorables aux récoltes. Le manque d’eau va retarder la repousse notamment pour les dernières parcelles fauchées, même si les pluies orageuses du week-end du 1er mai vont être favorables dans les secteurs qui en ont profité. Un apport de fertilisant (30 à 50 uN/ha), par exemple sous forme de lisier, pourra être réalisé sur les parcelles fauchées si elles sont peu pourvues en trèfle (<15 %) : il devrait être bien valorisé s’il pleut suffisamment. Dans tous les cas, le pâturage des vaches se poursuit avec comme objectif une hauteur sortie à 5 cm, soit un repère à la botte qui ne dépasse pas le talon. C’est l’assurance d’une bonne valorisation de la prairie et de repousses de qualité.
Cette année, en ce début mai, les dactyles et les fétuques élevées sont déjà épiés, ce qui est plus tôt que d’habitude. Avec la faible pluviométrie de ce printemps, si la pousse d’herbe est à la peine, il peut être judicieux de réaliser un bilan fourrager pour anticiper et choisir des solutions adaptées le cas échéant.
Jean Marc Seuret et Pierre Bescou
Opinion: Jean Marc, à Hillion (22)
« Le manque de pluie se fait déjà ressentir »
Avec cette absence de pluie, on commence à voir des zones sèches dans les prairies. La ration des vaches est désormais composée d’une bonne demi-ration d’herbe pâturée, 3 kg MS d’enrubannage, de 1,5 kg de betteraves et de 3 kg MS d’ensilage de maïs. Dans ce contexte, on a en effet décidé d’ouvrir ce silo de maïs pour ne pas avancer trop vite dans le pâturage. L’ensilage de maïs est mélangé avec 2 kg de maïs grain humide par vache. Une première coupe d’ensilage a été réalisée sur 31 ha le 17 avril, et ensilé le mardi suivant. Le fourrage récolté est de qualité, mais les rendements étaient moyens. Ces parcelles de fauche sont habituellement fauchées deux fois, mais ce ne sera sans doute pas le cas cette année. Du coup, on commence à regarder pour acheter du fourrage. On va réintégrer 10 ha de ces parcelles dans le cycle de pâturage des vaches dès le mois de mai. Sinon on prépare les terres pour les semis de maïs. Les semis de maïs se font habituellement fin mai, mais on va avancer la date de semis cette année. Enfin, on a reçu les plants pour implanter les 3 ha de betteraves.
L’ensilage de céréales-protéagineux
Les récoltes précoces de méteils sont déjà en bonne partie réalisées dans l’est de la région. Plus à l’ouest, ces ensilages auront lieu dans les prochains jours. Une récolte précoce de ces mélanges au stade début floraison du protéagineux améliore la teneur en MAT de 1 à 2 points, mais atténue le rendement de 20 à 50 % par rapport à une fauche tardive. La fauche précoce permet de semer un maïs autour du 15 mai qui peut produire 12 t MS/ha de fourrage. Les espèces implantées définissent le stade de récolte. L’évolution plus lente de la teneur en matière sèche des mélanges avec des protéagineux permet de gagner en souplesse pour récolter, mais il sera alors plus compliqué d’atteindre l’objectif de 35 % MS, optimum pour la conservation. Une récolte plus tardive des méteils en juin, au stade laiteux-pâteux de la céréale, permettra de récolter plus de volume, de reconstituer des stocks et de faire la soudure cet été en cas de manque de fourrages.

