Jeunes, motivés et indépendants

Non issue du milieu agricole, Coralie Gallais a attrapé le virus de l’élevage et amené son mari David à revenir vers la ferme familiale. Ensemble, ils ont mis en place un système herbager.

Les éleveurs Coralie et David Gallais dans leur salle de traite. - Illustration Jeunes, motivés et indépendants
Coralie et David Gallais.

Initialement, David Gallais n’avait pas prévu de reprendre la ferme familiale à Merléac, ni même d’embrasser une carrière agricole. L’idée de son retour à la terre a germé suite à la rencontre de son épouse Coralie. Originaire de Lannion et non issue du milieu, la jeune femme a tout de suite eu un coup de foudre pour l’élevage. « J’étais caissière à l’époque. Dès le départ, je me suis passionnée pour les vaches, ce gros animal impressionnant mais sociable », sourit-elle. « Le métier m’a vite plu, il permettait d’être indépendante et au grand air. » Cette nouvelle passion a vite fait réfléchir David qui explique : « J’étais habitué à ma vie d’ouvrier salarié. Mais je commençais aussi à avoir envie de travailler pour moi et pouvoir organiser mes journées comme je l’entends. » Le Costarmoricain quitte alors son emploi fin 2017 et reprend ses études pour obtenir un BPREA au lycée agricole du Gros Chêne à Pontivy (56). « J’ai fait un stage chez David Robin, éleveur en système herbager à Mûr-de-Bretagne. Cela a été un déclic. »

45 ha de prairie implantés depuis 2020

« Voir nos vaches dehors »

En 2019, David s’associe avec son père. L’assolement compte alors 25 ha de maïs contre 6 ha aujourd’hui. « Nous avons fait évoluer peu à peu le système. » Sur les 55 ha de prairies désormais (68 ha de SAU), 45 ha ont été implantés depuis 2020. « Nous voulions voir nos vaches dehors », insiste Coralie. Le troupeau ne reste plus en bâtiment que deux mois en hiver. La mise à l’herbe a lieu en février. « À partir de mars, les vaches sont nuit et jour au champ » pour profiter des 33 ha accessibles. La stabulation (un ancien poulailler transformé en étable en 2007) compte 74 logettes. « L’objectif est de conduire 70 laitières. » Les prairies ont été découpées en paddocks dimensionnés en conséquence en s’appuyant sur l’expertise du réseau Cédapa et deux ans d’accompagnement par le cabinet PâtureSens. David Gallais suit de près la pousse de l’herbe à l’aide d’un herbomètre.

« Plus épanouie que jamais »

À son tour, Coralie a suivi un BPREA au Gros Chêne en 2019-2020. Elle s’est installée en 2022 au moment du départ à la retraite du père de David. Après avoir trois ans comme conjointe collaboratrice, la jeune maman se sent « plus responsable et prends plus d’initiatives » depuis qu’elle est officiellement cheffe d’exploitation. Pour prendre confiance, elle se forme régulièrement et confie : « Je me sens plus épanouie que jamais. » La ferme est aujourd’hui « en rythme de croisière » et vend 393 000 L de lait par an (5 900 L par vache, 364 € / 1 000 L de marge brute lait). Prochain projet : « Grouper les vêlages au printemps. »

Toma Dagorn

Témoignages et visite de la ferme

En partenariat avec le Cédapa, Coralie et David Gallais ouvrent leur ferme, jeudi 20 juin (dès 13 h 30), lieu-dit Guerlévan à Merléac. Programme : étapes de mise en place du système herbager, gestion du pâturage tournant, passage à l’élevage des génisses à l’herbe, résultats techniques et économiques… Informations :02 96 74 75 50. Et pour suivre Coralie qui partage son quotidien sur Instagram :@maviedagricultrice


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