Nouveau siège, nouvelles ambitions

Pour attirer des jeunes dans la production porcine et pour répondre aux enjeux de demain, Thierry Gallou estime que le cours du porc devra atteindre les 3 €/kg.

fpa 2911 - Illustration Nouveau siège, nouvelles ambitions
Guillaume Roué a coupé le ruban lors de l’inauguration du nouveau siège de la coopérative Evel’Up, à Plouédern (29).

Après une barre des 2 €/kg franchie en octobre 2022, le cours du porc au MPB a atteint son pic en avril dernier, pour atteindre les 2,38 €/ kg, loin devant les 1,24 € du 13 janvier 2022… En moyenne sur l’année écoulée, le prix au MPB s’est établi à 1,72 €. Pour Thierry Gallou, directeur d’Evel’Up, il faut aller encore plus loin. « Préserver la souveraineté alimentaire passe par l’installation, l’investissement et l’innovation », note-t-il à Plouédern (29), en préambule de l’assemblée générale de la coopérative qui représente 20 % de la production française de porc. « Pour conforter le bien-être animal, à nous d’être exemplaire, afin de réinstaller la confiance entre nous et le consommateur, mais surtout envers les citoyens ». Evel’Up a présenté 65 400 porcs par semaine au marché, grâce à « nos 700 éleveurs. 11 installations aidées ont été
comptabilisées en 2022 ». 

La finance paiera la différence

Le responsable chiffre à « 1,2 milliard d’euros le montant à investir d’ici à 2030 avec 50 % du parc bâtiment à rénover ». Thierry Gallou considère que « la route vers la souveraineté alimentaire doit passer par un MPB à 3 €. Quand ? », questionne-t-il. « Je ne sais pas, mais on l’aura ». Le directeur ajoute que si ce montant n’est pas atteint, « il n’y a plus de filière. Ces 3 €/kg sont nécessaires pour donner envie de s’installer, pour protéger l’environnement et pour utiliser moins de ressources naturelles ».

La route vers la souveraineté alimentaire doit passer par un MPB à 3 €/kg

Philippe Dessertine, économiste et professeur à La Sorbonne, explique qu’avec un cours du porc à 3 €/kg, « ce ne sera pas au consommateur de payer plus cher son alimentation. C’est la finance qui le fera ». L’intervenant estime que les filières agricoles et alimentaires « sont devenues stratégiques ». Le côté vertueux des systèmes de production est à mettre en avant, « vos ‘data’ sont là pour le démontrer. Faire bien dans vos élevages va attirer des gens qui veulent investir, l’argent va arriver ». Et Philippe Bizien, président d’Evel’Up de demander « à qui appartiennent ces données numériques, et surtout resteront-elles à nous ? » L’économiste répond que « les ‘data’ peuvent être tracées, et donc rester toujours la propriété de l’apporteur ».

« Garder nos élevages ici »

Philippe Bizien fait observer que « certains voudraient une agriculture sous cloche, pénible, de soumission. Or il nous faut une agriculture performante. Concernant le climat, la meilleure action que nous pourrions avoir est de garder nos élevages ici ».

Aussi, le président s’agace avec « des règles plus strictes en France », et prend en exemple les teneurs en nitrite des viandes. « Si c’est un sujet de santé publique, les règles doivent être les mêmes pour tout le monde ». Avec une législation différente sur ces teneurs et « pour un même type de charcuterie, les dates limites de consommation sont plus longues pour des produits en provenance d’Espagne ou d’Italie… »


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