Energies et environnementFinistère

Ça ne gaze toujours pas à Landivisiau

Comment une centrale à gaz destinée à produire de l’électricité en réduisant de 1 Mt l’émission de CO2 peut-elle ne pas aboutir ? « Dogme », répondent les protagonistes de l’association Gesper.

La situation semble presque ubuesque. Pour approvisionner le Nord-Bretagne en électricité, zone géographique éloignée de tout pôle de production d’électricité, d’aucuns considèrent qu’il est plus judicieux de tirer un câble sous-marin d’Irlande que de construire une centrale à gaz à Landivisiau. Scénario d’autant plus cocasse que l’électricité qui serait exportée d’Irlande est produite par des centrales à gaz identiques à celle projetée dans le Nord-Finistère.

Émissions de CO2 divisées par 3

Si l’impact écologique est l’argument pour ne pas construire de centrale à Landivisiau, c’est donc raté. D’autant que, jusqu’à preuve du contraire, les gaz de combustion n’ont que faire des frontières. C’est raté aussi puisque l’absence de centrale dans le Nord-Finistère oblige à faire chauffer les centrales à fioul de Cordemais et Dirinon lors des pics de consommation. À l’heure où les jeunes lycéens et étudiants manifestent contre le réchauffement climatique, la centrale à gaz de Landivisiau permettrait « de diviser les émissions de CO2 par trois par rapport au charbon, soit 1 Mt de CO2 économisé par an, » chiffre Yves Édern, vice-président de Gesper (Groupe d’études et de soutien en faveur de la production des énergies régionales). Il explique qu’une centrale à gaz permet aussi de valoriser le biogaz – notamment celui issu des méthaniseurs –. Et de souligner : « Une étude de l’Ademe a montré que le potentiel de biogaz représente 80 % de la consommation française ».

Attractivité du territoire

Au-delà de l’aspect environnemental, la centrale de Landivisiau se veut également une sécurité supplémentaire pour faire face au risque de black-out qui menace une région périphérique comme la Bretagne occidentale. Tous les ans, sur une ou plusieurs journées, les réseaux électriques bretons se trouvent en limite de rupture (24 janvier 2017, 1er mars 2018, 10 janvier 2019, etc.).

« Remettre toutes les lignes en tension peut prendre de une demi-journée à trois jours », alerte pour sa part Jean Le Vourc’h, président de Gesper. « Et bien plus pour des entreprises dont les machines peuvent être endommagées par une coupure brutale. Refuser de faire un pas vers un peu plus d’autonomie énergétique, c’est s’exposer à moyen terme à une moindre attractivité économique de nos territoires ». Et Jean-Paul Kerrien, vice-président d’Investir en Finistère, d’appuyer : « Les énergies renouvelables sont intermittentes. Si nous voulons attirer des entreprises dans le Finistère, et garder celles qui le sont déjà, la sécurisation énergétique est indispensable ».

L’agriculture soutient

Les besoins électriques dans les fermes ont changé. Nous ne savons plus faire sans : ventilation, chauffage des bâtiments, alimentation des animaux, traite, refroidissement du lait, automatismes, etc. À l’inverse, les agriculteurs sont aussi des producteurs d’énergie notamment à travers la méthanisation qui s’oriente de plus en plus vers l’injection de gaz dans les canalisations qui participe donc à faire tourner les centrales. Enfin, rappelons que la sécurisation de l’approvisionnement est essentielle pour que les industries agroalimentaires restent à proximité.Thierry Marchal, Vice-président de la Chambre d’agriculture

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Un commentaire

  1. Et donc, pour le même principe que celui de la distance de parcours, il faut produire de l’électricité sur place, proche du lieu de consommation, c’est à dire à la ferme. Pas dans une grosse centrale. C’est là que le gain des agriculteurs se fera le mieux, qu’il y aura le moins de pollution, et que les intrants et épandages seront les plus contrôlables et les mieux ciblés.
    sincèrement

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