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Éleveur de dinde, un métier technique

Sébastien Sévignon, aviculteur à Combrit (29), préfère élever des dindes plutôt que des poulets. Il a opté pour cette production avec une durée d’élevage plus longue permettant de valoriser son savoir-faire technique. Des résultats technico-économiques qui lui donnent raison avec une moyenne de 25 €/m2 de marge PA.

Après ses études agricoles Sébastien Sévignon a travaillé comme salarié. D’abord 2 ans sur un élevage de porc, puis 6 ans dans un Gaec spécialisé en production laitière et légumes industrie. « Début 2014, j’ai repris l’exploitation familiale suite au départ en retraite de mon père. J’élève des dindes sur 2 400 m2, j’ai 28 broutards de race blonde d’Aquitaine, charolaise et je cultive 60 hectares », décrit-il.

Des poulaillers adaptés pour la dinde

Les 2 poulaillers de 1 200 m2 sont en ventilation statique avec lanterneau ; cela convient bien pour produire de la dinde un peu moins pour du poulet. Pour changer de production, il faudrait en plus ajouter une chaîne d’alimentation et 2 lignes de pipettes. « En m’installant, je n’ai pas fait de rénovations sur les bâtiments qui datent de 1985 et 1989. Par contre, en début d’année, j’ai profité des aides du PCAEA pour m’équiper de boîtiers de régulation Avitouch, de 2 pesons automatiques par bâtiment et de treuils électriques pour relever mes chaînes d’alimentation. Au total, j’ai investi 24 000 € qui vont être subventionnés à 35 %. »

2 pesons automatiques sont installés dans chaque bâtiment pour peser les dindes et ne plus avoir à le faire manuellement.
2 pesons automatiques sont installés dans chaque bâtiment pour peser les dindes et ne plus avoir à le faire manuellement.

Pour faciliter ses commandes et la gestion de l’aliment en fin de lot, l’aviculteur a aussi installé un troisième silo par poulailler. « Ça évite de manquer d’aliment en fin de lot et ça limite aussi les reprises. » Sébastien a fait le choix de conserver l’élevage tel qu’il était au moment où son père est parti en retraite. « Une décision que j’ai prise après avoir étudié le projet de construction d’une poussinière pour effectuer tous mes démarrages dans un bâtiment sur-isolé et économe en énergie. Un système qui permet de réaliser 3 lots par an. »

Conserver sa qualité de vie

Mais après réflexion, l’éleveur est arrivé à la conclusion que, sur la durée du remboursement de cet investissement de 15 ans, il allait travailler plus sans gagner plus. Un projet qui n’était pas compatible avec ses objectifs personnels. « Je souhaite rester seul sur l’exploitation. Je veux aussi conserver une certaine qualité de vie et être présent pour ma famille. La rotation rapide des lots avec une poussinière m’aurait obligé à rester sur l’élevage en permanence alors qu’avec mes 2 poulaillers je peux programmer des vacances lors des vides sanitaires. »

Retourner la litière avant de repailler

Malgré des poulaillers qui ne sont pas de première jeunesse et une ventilation statique, Sébastien Sévignon sort des résultats techniques très bons. « Je suis en moyenne à 25 €/m2 de marge PA. Je cherche toujours à améliorer mes performances en raisonnant mes dépenses. » Pour l’aviculteur une des clés de la réussite est le paillage. Les poussins sont réceptionnés sur un lit de paille broyée sur lequel il ajoute une couche de copeaux. Son objectif est d’attendre le 49e jour d’élevage pour repailler, une opération qu’il réalise avec le tracteur et une pailleuse/hacheuse à bol.

« Pour maintenir une litière sèche, j’interviens avec un micro-tracteur et un rota pour mélanger dès qu’elle commence à croûter. Au 1er passage, je fais la totalité du poulailler, au second passage je ne vais pas sous les pipettes pour limiter le dégagement d’ammoniac. Le 3e passage est conditionné par le dégagement d’ammoniac du 2e passage. Si je sens que ça pique un peu trop je ne passe que 2 fois. »

L’aviculteur utilise un micro-tracteur et un rota pour mélanger la litière dès qu’elle commence à croûter.
L’aviculteur utilise un micro-tracteur et un rota pour mélanger la litière dès qu’elle commence à croûter.

Après le passage du rota les dindes retournent gratter naturellement la litière. Pour l’avenir, l’aviculteur souhaite investir mais raisonnablement et petit à petit. Il envisage d’équiper ses lignes de pipettes pour pouvoir réaliser des purges automatiques. À plus long terme, il veut acquérir une pailleuse automotrice. « Je veux conserver un élevage à dimension humaine mais au goût du jour. »

Un éleveur passionné par la dinde
« Depuis que je suis installé, je n’ai élevé que de la dinde. Le cycle plutôt court en poulet ne me plaît pas. Pour moi, en dinde nous avons plus le temps de voir les animaux grandir », explique l’éleveur. Outre le fait d’être son propre patron et de gérer son entreprise, dans son métier c’est la technique qui plaît beaucoup à Sébastien Sévignon. Même si ce n’est pas facile de faire un lien avec sa production aujourd’hui, il est convaincu que son expérience en élevage porcin, puis laitier, lui sert au quotidien au contact de ses dindes. « Le cycle d’élevage plus long qu’en poulet nous laisse le temps d’avoir des problèmes et de les résoudre ou de ne pas avoir du tout d’ailleurs. »

C’est une production ou la routine n’existe pas : il n’y a jamais 2 lots qui se ressemblent. Même d’un poulailler à l’autre rien ne se passe pareil. L’aviculteur cite en exemple son dernier lot : « Pour la première fois j’ai utilisé de l’homéopathie. Dans le 1er poulailler, tout s’est très bien passé, je n’ai pas mis une goutte d’antibiotique au cours du lot. Dans le 2nd poulailler, j’ai fait un traitement antibiotique et j’ai eu des problèmes de boiteries sur les volailles. C’est un métier ou on se remet sans cesse en question et qui nous incite à progresser en permanence. »

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2 commentaires

  1. Bonjour et excusée moi de vous déranger mais je cherche des solutions car j’ai une dinde qui s’appelle Mauricette et depuis plusieurs mois elle à une joue gonflée à savoir qu’elle avait les deux elles a été deux fois chez le véto a eue plusieurs traitement nous avons vidé ses joues à la seringue ça avait l’air de s’arranger et la rebollotte donc AU SECOURS pouvez vous m’aider à sauver Mauricette .Merci Mme Amelin

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