Broyée et dépoussiérée, la paille est soufflée et répartie sur l’aire paillée des chèvres via des buses en hauteur qui tournent. Peu de particules stagnent dans l’air, il y a peu de bruit, les animaux restent calmes. « Nous pouvons choisir où répartir la paille sur l’aire paillée. Elle peut être envoyée jusqu’à 8 m », expliquent Pierre et Jean-Yves Cottier. À Chérancé, avec une salariée et une apprentie, ils élèvent un troupeau de 800 chèvres alpines, commercialisant le lait à Agrial. L’atelier caprin a été mis en place en 2018 sur l’exploitation, suite à l’installation de Pierre Cottier avec son père Jean-Yves.
Des buses rotatives qui conviennent aux aires paillées
Ce système de paillage automatique Strohmatic Air (Schauer) a été mis en place sur l’élevage il y a 2 ans, après 3 ans de réflexion. « Auparavant, nous utilisions une pailleuse portée à l’avant du télescopique, à entraînement hydraulique, qui consommait beaucoup d’énergie. L’opération nous prenait 3/4 d’heure par jour pour les deux bâtiments de chèvres. Le bâtiment des chevrettes n’était paillé qu’une fois par semaine ou tous les 15 jours. C’est surtout à cause de la poussière dans le bâtiment, pour le bien-être des chèvres et le nôtre, que nous avons cherché un autre système. »

Remplissage deux fois par semaine
Autre avantage, « le paillage automatique nous fait gagner du temps ». « Nous avons juste à placer 4 bottes dans la partie stockage de l’outil, environ 2 fois par semaine. Nous chargeons le vendredi pour la fin de semaine, aucune intervention n’est nécessaire ensuite sur le week-end alors que nous travaillons à une ou deux personnes. »
Du stockeur, la paille est acheminée vers le broyeur, qui la coupe en brins de 3,2 cm (variable selon le choix des éleveurs), puis vers un aspirateur ‘cyclone’ qui la dépoussière. Ensuite, elle est brumisée avant d’être soufflée dans des tuyaux jusqu’aux éparpilleurs rotatifs. Les chèvres ne reçoivent pas de cailloux.


Paramétrages des zones et temps de paillage
Les zones et temps de paillage peuvent être paramétrés, différemment sur chaque buse. « La mise en route peut se faire via une application sur le téléphone portable. Elle peut être programmée. Ici, nous paillons une fois par jour. »
Pour ce système en particulier, la paille doit être de bonne qualité. « À la récolte du blé par l’ETA avec une moissonneuse à rotors, elle est conditionnée en brins assez longs brisés pour une meilleure absorbance ensuite. Puis nous la pressons avec notre matériel, en bottes cubiques de dimensions 2,45 m x 1,20 m x 0,90 m. C’est plus simple à transporter et à ranger que les balles rondes. Par contre, il faut vite ramasser ces bottes avant la pluie… ».


Amortissement sur 8 ans
L’investissement dans le système de paillage automatique a coûté 200 000 € sur l’EARL Cap Chèvres. « En prenant en compte le gain sur le temps de travail, le fuel, l’amortissement de pailleuse et de télescopique ainsi qu’une baisse de 30 % de consommation de paille (du fait de son broyage), l’amortissement se fera sur 8 ans. »
« Le coût de ce type d’installations peut aller de 150 000 à 300 000 € voire plus, en fonction du nombre de buses et de la longueur des circuits », souligne Hervé Tanguy, dirigeant de Tech’Agri Ouest, partenaire exclusif du paillage automatique Schauer Agrotronic sur le Grand Ouest de la France. « Les buses rotatives ASD conviennent bien aux aires paillées, assurant une bonne répartition de la paille et une homogénéité. Pour les logettes, il est préférable d’utiliser des chaînes à pastilles », précise-t-il.
Agnès Cussonneau
De l’autonomie en maïs et paille
Pierre et Jean-Yves Cottier gèrent une autre EARL, en cultures, sur une SAU de 160 ha (production de maïs ensilage, blé et colza). Pour l’alimentation des chèvres, ils utilisent une dérouleuse pailleuse semi-portée derrière le tracteur pour apporter du foin le matin. Ensuite, la ration, distribuée à la mélangeuse, comprend du maïs ensilage, de la luzerne déshydratée, du concentré de production et du correcteur. Les chevrettes reçoivent de l’aliment et de la paille. La traite, deux fois par jour (2 h/traite à une personne) est faite dans un roto de 56 places. Le parc d’attente, sur caillebotis, permet un nettoyage des pattes des chèvres, l’espace traite restant propre.

