« Nous avons repris le site de Saint-Médard-sur-Ille en 2023 lors de l’installation de mon frère Antoine », explique Nicolas Harel, l’un des associés du Gaec. « Son bâtiment, long de 80 m contre 55 m pour le site historique, convenait mieux à l’élevage de nos 75 vaches. »
Les travaux ont débuté au printemps 2023 : un robot de traite GEA a remplacé l’ancienne salle de traite 2×6, l’aire paillée a été transformée en logettes creuses, et des panneaux translucides ont été ajoutés sur le pignon nord. Les associés en ont également profité pour construire un nouveau bureau et une laiterie. L’investissement total est de 320 000 €. « Les vaches ont dû s’habituer à la fois aux logettes et au robot », poursuit Nicolas Harel. « Cela a demandé un suivi très rigoureux au début, mais la grande majorité du troupeau avait pris le pli au bout de 5 jours pour les logettes et d’une dizaine de jours pour la traite. »
Après la mise en route, la production laitière a d’abord stagné, avant d’atteindre, six mois plus tard, une moyenne de 40 kg par vache.
Un bâtiment versatile
« L’objectif était d’avoir un bâtiment évolutif », précise Anthony Baslé, de chez Eilyps, qui a accompagné le projet. « Par exemple, un deuxième robot pourrait être facilement ajouté dans une disposition en ‘L’. » Les aires paillées situées aux extrémités, actuellement utilisées pour les vaches taries, pourraient aussi être réduites au profit de nouvelles logettes.
L’objectif était d’avoir un bâtiment évolutif
L’espace entre le robot et les logettes a quant à lui été revu à la hausse. « Nous avions prévu 4,5 m au départ », indique Jean-Michel Harel, associé et père de Nicolas et d’Antoine. « Nous avons finalement opté pour 7 m, ce qui facilite le déplacement des animaux et évite les problèmes avec les vaches dominantes. »
Un entretien peu chronophage
Pour les logettes creuses, les associés souhaitaient conserver le confort d’une aire paillée tout en améliorant l’aspect sanitaire. Dans les faits, un mélange de paille (400 kg), de carbonate (700 kg) et d’eau (350 L) est ajouté chaque semaine, directement sur la terre battue.
Le pouvoir absorbant du carbonate garde les pattes des vaches au sec, tandis que l’eau limite la formation de poussière. « Nous passons une heure par semaine pour faire le mélange et pailler avec le gobet distributeur », ajoute Nicolas Harel. « Nous consacrons aussi 25 minutes par jour au ratissage et au nivellement des logettes. Le seul inconvénient reste le réglage des tubulaires. » Le coût du mélange revient à 0,19 €/j/logette. L’investissement total pour les 70 logettes est quant à lui de 32 000 € (tubulaires et béton).
Les couloirs sont quant à eux raclés plusieurs fois par jour à l’aide d’un robot.
Un meilleur confort thermique
Pour faire face aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, deux ventilateurs à pales horizontales ont été installés au printemps 2025. « Cet été, nous avons limité la perte de production », déclare Nicolas Harel. « On voyait que les vaches étaient plus à l’aise. Beaucoup restaient même couchées dans les logettes. » En hiver, la ventilation permet aussi d’évacuer l’humidité. Le bâtiment est ouvert côté auge, ce qui favorise la circulation de l’air et la luminosité. Enfin, les couloirs et l’aire d’exercice seront bientôt équipés de tapis pour remplacer le béton scarifié devenu glissant.


45 kg de moyenne
Aujourd’hui, les associés vendent 1 million de litres de lait par an avec leurs 65 Prim’Holstein à la traite. La moyenne d’étable est de 45 kg. L’augmentation de la production est multifactorielle. L’ancienne ration complète a été remplacée par une ration semi-complète. Cette dernière est composée de maïs ensilage (40 kg bruts), d’ensilage d’herbe (11 kg brut), de correcteur à l’auge (4,2 kg), de levures, de minéral, de matière grasse et d’une VL distribuée au robot. « Nous souhaitons réduire progressivement les correcteurs distribués au robot et augmenter ceux donnés à l’auge, afin de limiter les variations de pH dans le rumen », souligne Nicolas Harel.
La traite robotisée a aussi permis d’augmenter la fréquence des traites (2,8 par jour, à 16 kg de lait chacune) et d’assurer un suivi sanitaire plus précis : activité, ingestion, rumination et taux cellulaires sont désormais mesurés individuellement. La disposition du bâtiment et son agencement jouent aussi un rôle dans les performances de l’élevage.
Alexis Jamet
Le Gaec Harel en chiffres
D’octobre 2024 à octobre 2025, la marge sur coût alimentaire moyenne de l’élevage était de 11,7 €/VL/j. Ce chiffre est monté à environ 13 € en juin et août 2025, avec une production laitière comprise entre 46 et 47 kg. Les taux sont quant à eux de 32,6 (TP) et de 39,4 (TB).Concernant la reproduction, l’IVV est de 377 jours et l’âge moyen au vêlage de 25 mois. Enfin, la SAU de l’exploitation compte 130 ha, sur lesquels sont cultivés du blé, de l’orge, du maïs et de l’herbe (prairies permanentes et prairies de fauche).

