Élevage

Un livre d’éleveurs parlant temps libre et revenu

Gestion de l’herbe, maîtrise de la reproduction, organisation du travail, choix d’une ferme à reprendre… Le Cédapa publie un livre déjà indispensable pour tous les éleveurs et porteurs de projet s’intéressant au système herbager en vêlages groupés de printemps.

Six agriculteurs de l’Ouest en système herbager – Aurélie Cheveau, de Querrien (29), Maud Cloarec, du Haut-Corlay (22), Gérard Grandin, de Lucé (61), Ronan Guernion, de Tonquédec (22), Pierre-Yves Plessix, de Bédée (35) et Jean-Yves Penn, de Ploërdut (56) – ont rédigé un livre édité par le Cédapa. Tous ont en commun d’avoir choisi de produire du lait en système vêlages groupés de printemps, ou « VGP » pour les initiés. « Pour des raisons de maîtrise du temps de travail, de vertus environnementales et de montant de revenu disponible, notre approche est dans l’air du temps et a de l’avenir. Nous recevons de plus en plus d’éleveurs et de porteurs de projet qui s’interrogent. Mais une ou deux visites ne suffisent pas à se lancer. Pour nourrir la réflexion des personnes intéressées, il manquait un ouvrage technique de référence », démarrait Maud Cloarec, vendredi 7 janvier, à l’occasion de la présentation officielle de leur production collective à Rostrenen.

Gestion de l’herbe et reproduction, les deux fondamentaux

En plus de 300 pages, les six auteurs et leurs nombreux contributeurs (paysans, conseillers, chercheurs) racontent, décryptent, comparent et conseillent, à grand renfort de témoignages, de chiffres et de graphiques. Ils insistent sur le fait que cette conduite exigeante ne s’improvise pas. Pourtant l’idée paraît simple : faire vêler tout le troupeau en fin d’hiver afin de caler la courbe de production de lait sur la courbe de pousse de l’herbe pour abaisser au maximum le coût alimentaire en misant sur le pâturage. Mais il y a « deux grands fondamentaux » à maîtriser sur le bout des doigts, rappelait Jean-Yves Penn qui, après 20 ans de pratique, a cédé sa ferme en 2019 : « D’une part, la gestion de l’herbe en travaillant sur l’anticipation de la ressource grâce à deux outils indispensables que sont l’herbomètre et le planning de pâturage. D’autre part, la reproduction en visant un veau par vache par an toujours à la même date. »

La transition est délicate

Pour passer d’une conduite conventionnelle aux vêlages de printemps, faut-il une transition lente ou rapide ? « Cette période peut être compliquée. Mieux vaut avoir de la trésorerie, des stocks et éviter tout aléas sanitaire ou climatique », mettait en garde Ronan Guernion qui a connu des problèmes d’avortements dus à la néosporose au moment de faire évoluer son approche. « Il faut prévoir du renouvellement car la sélection est
forte au départ sur les vaches qui ne prennent pas veau dans le bon timing. Le taux de renouvellement peut atteindre 40 %. Ce passage génère un allongement de lactations, une baisse du produit lait… Par sécurité, je recommande de démarrer quand le prix du lait n’est pas trop mauvais. Ensuite, en rythme de croisière, le taux de renouvellement descend entre 10 et 15 % et les charges opérationnelles et de structure chutent drastiquement. » Pour conclure, les six auteurs promettent qu’une fois le système en VGP bien calé et maîtrisé, il devient alors « une voie d’épanouissement » pour les éleveurs.

En savoir plus
Pour commander « Les vêlages groupés de printemps », 318 pages, 35 €, Cédapa : 02 96 74 75 50
Attractivités sociale et financière
Une partie du livre est consacrée à montrer la performance économique des systèmes herbagers en vêlages groupés, en bio ou non. Pour cela, les auteurs ont comparé les résultats des comptabilités de 14 élevages en VGP aboutis aux chiffres du quart supérieur des ateliers en bio du réseau de référence Inosys des Chambres d’agriculture et d’Idèle. « Les lecteurs verront clairement que les VGP sont très rentables », résume Maud Cloarec. « Mais ce qui fait la grande différence est la réduction de la charge de travail, surtout si la monotraite est utilisée toute la lactation. » Le temps de travail est estimé à 70 heures par semaine de mars à juin. « Mais à partir de juillet, nous sommes aux 35 heures ». Puis seulement 16 heures pendant les deux mois de fermeture de la salle de traite. « Socialement, cela donne envie d’être éleveur aujourd’hui et demain. Pour un revenu disponible de 30 à 50 €/h en fonction des annuités restantes. » 
Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer