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Vente directe : Encore plus de proximité depuis mars 2020

Spécialisée dans la production maraîchère, l’EARL Marc Roussin à Romillé (35) observe depuis plusieurs années l’augmentation de la demande pour les produits locaux. En juin 2020, elle ouvre un distributeur de légumes à la porte de l’exploitation, à 1 kilomètre du bourg. Le succès est immédiat et perdure ! Regard sur l’impact du confinement sur la relation consommateur-agriculteur !

Fils et petit-fils de maraîcher, Marc Roussin s’installe en 1993 avec son épouse Patricia, qui gère la négociation avec les acheteurs. Leur fils, Étienne, les rejoint en mars 2020 après des études supérieures de commerce et diverses expériences à l’étranger. Particularité de cette entreprise maraîchère de ceinture verte, elle est indépendante, c’est-à-dire qu’elle produit, vend et livre sa production. Elle a ses propres camions. Au total, elle emploie 15 salariés à l’année et une trentaine en pleine saison de récolte de mi-mai à fin septembre. L’EARL, de 45 hectares de cultures de plein champ et 4 de serres froides, cultive une trentaine de légumes. Il faut être très organisé.

Une demande qui change

Les productions « phare » du printemps et de l’été sont les salades, les radis, les concombres, les fraises et les tomates cerises. En hiver, ce sont les barquettes de carottes, poireaux, navets et pommes de terre. « Notre atout, c’est la grande fraîcheur du produit comme on maîtrise toute la chaîne, de la production à la livraison », précise Marc Roussin. Sans avoir pour objectif d’obtenir le label agriculture biologique, car cela serait trop risqué avec de tels volumes de production, ils ont une démarche de suppression des produits phytosanitaires, utilisent le biocontrôle, la lutte intégrée, des filets anti-insectes et des plastiques biodégradables.

Les centrales d’achat sont leurs plus gros clients, suivies par les magasins en direct et quelques grossistes. La vente directe n’arrive qu’ensuite avec moins de 10 % du chiffre d’affaires, mais constitue un relais de croissance important. En effet, depuis 3 ou 4 ans surtout, l’entreprise perçoit l’intérêt croissant des consommateurs pour l’origine locale des produits. Ainsi, ils commencent à communiquer sur ce point et sur les conditions de production. « On a revu le packaging de nos emballages. Ma photo est sur les barquettes, cela montre ma volonté de transparence sur mes produits et c’est très apprécié » précise l’agriculteur.

Le confinement accélère la tendance

« Les fraises donnent une belle image de l’entreprise. Elles sont très attendues par les consommateurs ». C’est avec beaucoup de fierté que le maraîcher explique le développement des ventes auprès des boulangeries-pâtisseries depuis mai 2020 sur le secteur de Romillé-Montfort-sur-Meu. Ils ont eu 30 demandes en un mois. « On a mis des petites pancartes explicatives sur l’origine et les conditions de production des fraises dans les commerces. Cette année, on veut étendre les ventes à des pâtisseries de Rennes ». Au début du confinement, ils sont assez déçus de ne pas avoir démarré leur distributeur automatique tellement la demande est forte. L’ouverture se fera 3 mois plus tard. Avant d’échanger avec un collègue de la région de Saint Malo, Marc Roussin n’y croyait pas. Aujourd’hui, il ne regrette pas de s’être lancé ce nouveau défi. Leur distributeur se compose de 120 casiers et ils prévoient d’augmenter sa capacité à 160. Il est accessible 24 heures/24, 7 jours/7. Étienne Roussin suit les ventes grâce à une application installée sur son portable.

« Nous le ravitaillons environ 2 à 3 fois par jour en semaine et le week-end jusqu’à 8 fois », explique-t-il. « Certains viennent même la nuit acheter une barquette de fraises ». Une bonne journée, il y a jusqu’à 40 clients et beaucoup achètent plusieurs produits. Le panier moyen est donc plutôt élevé. « Les gens font le plein », précise Marc Roussin.

Nous retenons de ce projet les atouts qui font son succès : la proximité, la fraîcheur des produits et les prix avantageux. Il faut aussi un parking de taille suffisante car l’affluence peut être importante entre 17 heures et 18 heures Et, la photo de l’agriculteur sur le distributeur… Ainsi, la vente directe met en lumière cette entreprise, qui, depuis 30 ans, nourrit son territoire sans que beaucoup de consommateurs en aient conscience. En 2021, d’autres projets émergent comme la vente par Internet et la création d’un deuxième distributeur avec d’autres produits. Encore plus se rapprocher du consommateur est le leitmotiv de l’EARL !

Concours d’écriture : catégorie ‘BTS’
Cette année, le thème du concours d’écriture ouvert aux élèves de BTS agricoles 1re année était « l’agriculture nourricière ». La Covid-19 bouscule certitudes, modèles et le quotidien du monde entier. Dans ce contexte sanitaire inédit, la mission première de l’agriculture, nourrir les Hommes, a été remise sur le devant de la scène. À travers un ou plusieurs témoignages, les étudiants devaient mettre en avant l’agriculture nourricière vue par un agriculteur dans ce contexte de Covid-19 et dans l’exercice de son métier (élevage, grandes cultures, légumes…) au quotidien. Voici l’article qui a obtenu le 2e prix dans cette catégorie. Félicitations aux étudiants de BTS ACSEA du CFTA de Montfort-sur-Meu.

Présentation du CFTA de Montfort-sur-Meu

9167.hr
La classe de BTS ACSEA du CFTA de Montfort Sur Meu

Membre du réseau des Maisons familiales rurales, le CFTA de Montfort-sur-Meu, situé à 20 km de Rennes, forme aux métiers de l’agriculture et du secteur équin, du para-agricole, de l’agro-fourniture et de l’agro-équipement. L’établissement propose les formations suivantes : le Bac Pro CGEA (agriculture et équin), le BTSA Acse par la voie scolaire et en apprentissage, le BTSA Technico-commercial agro-fournitures, double compétence en Contrat pro, une formation de Conducteur de Travaux en ETA (CTETA) en contrat pro et en partenariat avec l’IUT de gestion Rennes, une licence pro en Gestion des entreprises de l’agro-équipement. La formation BTS ACSE a pour particularités l’alternance et propose depuis 1987 un stage à l’étranger de 4 à 6 mois. Une expérience enrichissante, inoubliable, professionnelle et humaine, qui est un atout sur un C.V.

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