Cultures

Scalper pour réduire la profondeur de travail

La réduction du travail du sol n’est pas simple en agriculture biologique. Des agriculteurs ont témoigné de leurs itinéraires où le recours à des pratiques culturales profondes est limité, lors du webinaire organisé dans le cadre de « La terre est notre métier ».

« J’ai supprimé mes problèmes de rumex et de chardons, je n’ai pas de phénomène d’érosion de sol alors que les parcelles sont pentues, la matière organique a grimpé de 1 % en 20 ans ». Ce témoignage de Patrice Lefeuvre, installé en Mayenne, montre les effets dans le temps d’un travail du sol limité.

Pas de travail à profondeur intermédiaire

L’éleveur laitier converti en agriculture biologique en 1997 a conçu lui-même un scalpeur lourd, « idéal pour travailler bien à plat et à une profondeur parfaitement maîtrisée, au ½ cm près ». Cet outil est entre autres utilisé pour des semis de céréales, en offrant l’avantage de mettre les semences dans des conditions favorables de germination, quand les graines d’adventices se retrouvent dans un milieu beaucoup plus sec.
La charrue est remisée « au fond du hangar, elle ne sert que pour les chantiers de préparation des terres à féverole ». Hormis ce passage plus en profondeur, Patrice Lefeuvre explique qu’une des clés de réussite est de bannir « les profondeurs intermédiaires. Il me reste à résoudre des levées de pissenlits, qui peuvent s’expliquer par les teneurs élevées en matière organique, car les pissenlits se plaisent dans des sols bien pourvus en azote ».

La rotation se compose de prairie temporaire de 4 ans, puis d’un blé suivi d’un couvert végétal pour passer l’hiver. Au printemps, les champs sont scalpés 2 à 3 fois à une profondeur maximale de 3 cm. Le semis de maïs est réalisé par une pratique plus conventionnelle, avec un semis au combiné. Un mélange féverole/triticale et une orge de printemps viennent compléter ce système de culture. Le scalpage est aussi une technique utilisée chez Germain Gourgeon, installé dans le Sud-Est de la Mayenne.

Un colza associé

Sur colza, des pratiques de semis classiques (déchaumage avant un semis de fin août / début septembre) ont laissé la place à une implantation beaucoup plus précoce et associée. L’an passé, la crucifère a été implantée fin juillet avec du tournesol et de la luzerne, après « un scalpage à l’aide d’un Actisol à ailettes, à 4 / 5 cm de profondeur ». Ce colza, concurrencé par des repousses de céréales en début de culture, a rapidement repris le dessus grâce à cette implantation précoce. Son rendement à la moisson a été de 30 quintaux. Cette année, la technique n’a pas présenté les résultats escomptés, la cause à un semis plus tardif et pour des raisons de conditions sèches. L’association a été cassée pour un semis de céréales.

Une nouvelle dynamique
Thomas Queuniet, animateur productions végétales au Civam bio 53, observe une nouvelle dynamique auprès du groupe Ecophyto de fermes Dephy qu’il suit. « Le travail du sol est une solution pour maintenir la porosité du sol et pour gérer les adventices en bio. D’un autre côté, les rendements stagnent ou diminuent, le labour ne résout pas les problèmes de stocks grainiers de dicotylédones ». Le groupe se penche sur des pratiques de semis dans le précédent, comme un colza semé à fin juin dans un maïs, ou encore du trèfle semé à la volée dans une céréale avant moisson.
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