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Les conversions font baisser la production

Les systèmes de production se concurrencent entre eux. Même le bio a subi un premier coup de chaud cet été.

Les volumes d’œufs produits par les éleveurs de Triskalia et Nutréa sur les 35 premières semaines de 2019 sont en baisse de 14 % comparé à la même période de 2018. Des volumes en baisse constante depuis 2016, l’arrêt du code 3 n’est pas totalement compensé par le développement de l’alternatif. « Beaucoup de producteurs hésitent et repartent en libre pour une bande et profitent ainsi de conditions de marché favorable », explique Yves-Marie Beaudet, président de la section œufs de Triskalia lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée le 16 octobre à Langueux (22).

Alors que les associations welfaristes multiplient les actions et les annonces, le marché de l’œuf standard reste plutôt bon, petit bémol sur les fins de ponte avec des prix de vente vers l’industrie qui ne couvrent pas le coût de revient. Pour le code 2 (sol), le marché est sain et la demande absorbe facilement les volumes proposés autant pour l’œuf de table que pour les ovoproduits.

Le code 2 pourrait devenir le 1er prix

C’est certainement ce manque d’offre qui permet au code 3 (cage) de se maintenir à son niveau de prix actuel. Les volumes glisseront vers le code 2 au fur et à mesure que l’offre se développera. Certains distributeurs mettent en place un cahier des charges spécifique pour un code 2 premium avec lumière naturelle et jardin d’hiver. Yves-Marie Beaudet n’est pas contre ces nouvelles exigences, mais il précise : « Il faut bien prendre en compte l’économie dans notre filière et la rentabilité pour l’éleveur qui doit avoir l’assurance lorsqu’il investit que l’on ne va pas lui demander de changer de modèle dans cinq ans. » Il ajoute : « Conserver l’offre d’œufs de code 3 chez les distributeurs permet de ne pas dégrader le cours du code 2 qui pourrait devenir le 1er prix si un jour il n’y a plus de code 3 dans les rayons. Je rappelle que lorsque le code 3 vaut 100, le code 2 est à 115, le plein-air à 140 et le bio à 245. »

Début de crise en bio

Le marché du plein air est sain et les volumes proposés trouvent preneurs. Attention quand même lorsque la production d’œufs au sol va se développer qu’elle ne vienne pas en concurrence avec le plein air. La production label rouge en est l’exemple car, même si c’est une « niche », elle se retrouve déjà en compétition avec la production biologique. Depuis quelques années le bio se comportait très bien dans la mesure où le marché attendait la production. Depuis le printemps, l’offre s’est étoffée et le bio a subi son premier coup de chaud, on peut même parler d’un début de crise. Il y a eu du dégagement d’œufs bio vers le marché du plein air, certains lots ont été réformés de façon anticipée et des bâtiments ont basculé en plein air voire en sol pour conserver le label bio pour le parcours. Triskalia a déjà annoncé qu’elle arrêtait le développement du bio, pour autant des projets sont à venir dans d’autres groupements avec des élevages de 18 000 à 24 000 poules qui vont voir le jour. Le point positif est que la consommation d’œufs bio continue de progresser en France.

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