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Volaille de chair, un bilan en demi-teinte

L’assemblée générale de la section volaille de chair de Triskalia s’est tenue le 9 octobre à Noyal-Pontivy (56), pour faire le bilan du premier semestre 2019. La centaine d’adhérents présents ont pu débattre de l’avenir de la filière, entre transmissions d’élevages, démédication et segmentation de la production, pour faire face aux enjeux économiques et sociétaux.

Six mois seulement après sa dernière assemblée générale, qui avait mis à l’honneur le renouvellement du parc en s’installant dans un bâtiment neuf pour l’occasion, la section volaille de chair de Triskalia se réunit à nouveau. En effet, dans le cadre du processus d’union avec le Groupe d’aucy, Triskalia a clos un exercice de 6 mois au 30 juin, nécessitant de rendre compte aux adhérents dans le cadre de nouvelles assemblées en cette fin d’année.

Un été très chaud

Par rapport au premier semestre 2018, les données technico-économiques montrent une progression pour toutes les espèces… sauf la dinde. Cette dernière, après une période de crise, repart depuis avril avec pour conséquence un rajeunissement des lots, et donc une productivité amoindrie. Les performances de GMQ (Gain moyen quotidien) et d’indice de consommation restent bons. Hors cadre de l’exercice comptable, les fortes chaleurs de cet été ont tout de même fait l’objet d’une attention particulière. Un total de 113 000 poulets et 12 400 dindes ont succombé à la canicule, soit une perte bien supérieure à 370 000 €, montant indemnisé aux éleveurs par leurs assurances.

Au cœur de l’actualité, la situation du marché du canard de barbarie détaillé par Bernard Brunel.

Contexte de marché difficile

Point d’orgue de la réunion, Bernard Brunel a présenté les actualités du marché national et international, dont les conséquences affectent la filière. Une consommation de viande en baisse, sauf pour le poulet, mais cette bouffée d’oxygène profite exclusivement aux importations intra-communautaires. En effet, là où la France accuse une baisse de production de 7 % en dinde et 4 % en poulet au 1er semestre, nos pays voisins se stabilisent (Allemagne), voire progressent (Pologne, Espagne). Plus difficile encore, le canard de barbarie subit une véritable crise. Le canard gras est revenu en force après une période de crise sanitaire (Influenza aviaire), gonflant ainsi le stock de magret. Par ailleurs, nos pays voisins délaissent le filet de barbarie au profit du Pékin, moins cher et élevé sur paille, donc répondant mieux aux attentes sociétales. Les éleveurs subissent donc des vides sanitaires de 50 jours et la tendance devrait se maintenir au moins jusqu’à mi-2020.

Maintenir le cap et construire l’avenir

Comme le rappelle François Abgrall, référent installation / transmission volaille de chair, la pyramide des âges des agriculteurs implique que 10 000 exploitations seront à transmettre dans les 10 prochaines années, et seulement un tiers sera repris si la tendance actuelle se poursuit. Pour la section volaille de Triskalia, cela représente 230 000 m2 actuellement entre les mains d’éleveurs de plus de 55 ans. Aussi, la coopérative accompagne l’installation et la transmission, par la communication afin de susciter les vocations, par le conseil et le suivi des dossiers d’installation, et par un accompagnement financier des jeunes investisseurs. L’avenir, c’est aussi répondre à la demande du consommateur sur la qualité du produit. À ce titre, le groupement répond présent, d’une part, grâce à un suivi rigoureux de l’antibiothérapie, qui permet de suivre l’évolution et évaluer l’efficacité des plans d’actions entrepris. D’autre part, il segmente la production vers des cahiers des charges qualitatifs, comme le programme Nature d’Éleveur ou l’accès à l’extérieur des animaux, ce qui est déjà le cas en canard barbarie aujourd’hui.

Des réunions d’éleveurs cet hiver
Sur demande du conseil de section, des réunions d’éleveurs vont être organisées durant l’hiver sur tout le territoire breton : programmes techniques orientés par espèce et réunions transversales sur la réalisation pratique de la dératisation. Cela sera l’occasion d’échanger sur les bonnes pratiques et astuces de chacun, d’assurer une formation continue, et d’entretenir le tissu social territorial. L’assemblée s’est clôturée sur le rapport d’orientation du président, Pierrick Le Labourier, qui, sans se détacher des difficultés de la production, souligne que nous devons rester fiers de notre métier et garder une vision d’avenir, alimentée notamment par le projet d’union Eureden.
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