ÉlevageFinistère

Un engraissement des Salers au poil et à l’œil

Le système herbager simple est piloté par beaucoup d’observation à la pâture, en présence des animaux. Les troubles digestifs sont alors constatés, la ration modifiée.

La ferme familiale dirigée par Mikael Scrignac, jeune éleveur installé à Plougonven (29), a progressivement diminué la part de maïs dans la ration pour arriver à une nourriture quasi exclusivement composée d’herbe. Installé en début 2013 à la suite de ses parents, l’éleveur a petit à petit supprimé les cultures des 36 ha de SAU que compte l’exploitation. Son principal objectif reste la production d’une viande de caractère, qu’il écoule en vente directe. Pour arriver à proposer un produit de haute qualité, le Finistérien ne laisse rien au hasard, et garde un objectif d’autonomie maximale.

Il y a de l’ambiance dans les champs

Le suivi de la croissance des animaux se réalise au fil de l’eau. Présent tous les jours dans les pâtures, avec l’aide précieuse de son père André, le producteur vérifie « l’état du poil, les bouses. Les vaches sont toute l’année dehors, avec un pâturage au fil avant. Le foin est distribué à volonté toute l’année, en alternance avec de l’enrubannage ou de la luzerne. Les génisses reçoivent 1,75 kg d’orge concassée par jour, que j’augmente jusque 2 kg, et complémente avec des minéraux. Les mères ont un état satisfaisant en sortie d’hiver, et ne reçoivent pas d’orge ». Une attention particulière est portée sur la distribution des céréales aux Salers, qui « produisent trop de gras en cas de ration riche en orge ».

L’observation au champ est cruciale, car le comportement des animaux apprend sur d’éventuels troubles digestifs.
L’observation au champ est cruciale, car le comportement des animaux apprend sur d’éventuels troubles digestifs.

Hormis les génisses qui sont rentrées en hiver, tous les animaux restent dehors pendant cette période froide. On parle souvent d’ambiance dans les bâtiments ; il en existe aussi une au champ. « Je modifie l’alimentation quand j’observe de la nervosité chez les animaux. Ce comportement traduit bien souvent des troubles digestifs, je diminue alors la ration et démarre une cure de foin pendant une semaine ». À l’automne, les Salers aiment consommer les feuilles des haies fournies des champs. « Elle mange tout le temps », aime rappeler l’agriculteur.

Pâturer haut pour plus de diversité

Pour la conduite de l’herbe, Mikael Scrignac n’hésite pas à faire pâturer l’herbe à une bonne hauteur. « Je sais que je perds en énergie et en productivité, mais ce n’est pas mon objectif. Je préfère offrir à mes vaches une flore plus diversifiée qu’elles iront chercher elles-mêmes ». Pour les récoltes d’enrubannage, l’éleveur marque à la bombe de peinture les différentes coupes : E1 pour la première, plus riche en énergie, jusque E3 pour la troisième coupe d’enrubannage, contenant plus de trèfle.

« J’exploite le mélange Ensiluz, composé de ray-grass hybride, de trèfle violet, de luzerne et de fétuque élevée, que je n’enrubanne jamais en vert : je le mélange 1 à 2 fois, et je le récolte avant qu’il atteigne le taux de matière sèche d’un foin ». Sur les 36 ha de la ferme, 20 ha sont pâturés, le reste est fauché. Sur pâture, le jeune producteur passe systématiquement une herse de prairie pour étaler les bouses et favoriser la vie du sol. Enfin, les prairies permanentes sont sursemées avec du RGH quand le piétinement devient trop important.

L’équipement fait la différence
En 2016, Mikael Scrignac a bénéficié du Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAEA). Les 40 % d’aide lui ont permis d’investir dans une enrubanneuse. « Mon coût de revient à la balle est de 2 € (coût du film plastique). Je produis chaque année environ 330 balles d’enrubannage pour près de 400 balles de foin ».
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