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Echanger ses parcelles pour optimiser le pâturage

Ronan Barbier a mis en place un système dans son exploitation, aussi bien pour la conduite de l’élevage, pour la gestion du parcellaire ou encore au niveau de main-d’œuvre salariée. Des astuces visibles lors des portes ouvertes Innovaction organisée chez lui la semaine dernière.

Suite à son installation en 1998 à Ploudaniel avec son père en Gaec et reprise d’une exploitation en 2002 sur Plouguerneau, Ronan Barbier a, petit à petit, repensé son système d’exploitation pour le simplifier. Au départ en retraite de son père en 2004, il décide d’embaucher un salarié pour pallier le manque de main-d’œuvre. En 2007, un bâtiment neuf est construit au centre du parcellaire, afin de rendre accessibles les pâtures aux animaux.

Endive et pomme de terre contre lait

Les 23 ha excentrés engendraient des dépenses supplémentaires, car la distance entre les deux sites est de 15 km. « 7 ha de maïs à 15 km représentent 100 heures passées sur la route chaque année, soit 2 000 km par an, et une consommation de 1 000 L de carburant en plus », chiffre Lénaïg Roué, conseillère à la Chambre d’agriculture du département. Un échange en jouissance des terres a alors été proposé par l’éleveur à deux autres producteurs.

Un échange gagnant-gagnant a ainsi été conclu entre Ronan Barbier, un producteur d’endives et un producteur de pomme de terre. « L’ensemble des animaux a été réintégré au siège de Ploudaniel. J’ai échangé la jouissance de 2 parcelles de 7 ha entre Ploudaniel et Plouguerneau, ce qui m’a permis de rapatrier de la surface pâturable directement accessible, et de 7 ha de maïs ensilage à proximité immédiate de la ferme », explique l’éleveur. Pour cette démarche, il convient de « prévenir le propriétaire par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce dernier a 2 mois pour donner un avis favorable ou non », explique Lénaig Roué.

Monotraite le dimanche

L’éleveur finistérien a fait appel aux services de Partag’ Emploi pour organiser son travail. « Jean-François est présent 3 jours par semaine. J’apprécie de ne pas m’occuper des tâches administratives, des bulletins de salaire », confie Ronan Barbier. Une aide appréciable pour les congés d’été, car « je me dégage 2 semaines de vacances par an, et 1 week-end par mois. Il n’y a pas de traite des vaches le dimanche soir ». Un travail en confiance, qui dure depuis 4 ans, et permet au jeune salarié de bien connaître l’exploitation.

Concernant les travaux des champs, le producteur n’hésite pas à déléguer à une ETA la fauche et le pressage de l’herbe, ou encore l’épandage d’amendements organiques. « En 9 h de travail, 800 m3 de lisier sont envoyés aux champs », chiffre-t-il. Un gain de temps pour l’éleveur, qui s’appuie sur le matériel performant de son entrepreneur.

Plan constant pour les veaux

Pour l’alimentation des veaux, le Finistérien reste sur une « alimentation classique au départ, avec 1,5 L de colostrum, puis le lait de la mère pendant 7 jours, à raison de 2 à 3 L par buvée. Du lait reconstitué est distribué à partir de la 2ème semaine, puis les veaux passent par un plan constant de 3,5 litres par jour. Il est très important de respecter les quantités et surtout une température de 40 °C », conseille Nadine Abgrall, de la Chambre d’agriculture. L’apport de concentré intervient avant l’introduction d’ensilage de maïs en semaine 8, pour un sevrage en semaine 9. La mise à l’herbe est réalisée en début avril pour cette conduite groupée des jeunes animaux.


L’élevage en chiffres : 1 UTH et 1 salarié 3 jours / semaine ; SAU de 67 ha dont 18 ha de maïs, 4 ha de céréales, 45 ha d’herbe ; 75 vaches laitières ; 7 000 L de lait vendu par vache ; Coût alimentaire de 55 €/1 000 L.
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