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Il mise sur le pâturage d’automne

Michel Priour, éleveur à Cesson-Sévigné (35), espère gagner 1 t MS /ha de plus qu’à l’automne 2016 pour préserver ses stocks d’hiver.

À Cesson-Sévigné, juin et juillet ont particulièrement été secs (juin 2016 : 103 mm ; juin 2017 : 20 mm). « Les anciens nous disent que si l’herbe ne pousse pas au printemps, elle pousse à l’automne. C’est quand même la 1re année où j’ai peur du manque d’herbe. L’automne 2016 a été catastrophique, le printemps 2017 mitigé, je mise donc sur l’automne 2017. Je pense pouvoir gagner 1 t MS/ha en plus par rapport l’année dernière et préserver mes stocks pour l’hiver », témoigne Michel Priour. « J’ai remarqué que les prairies n’ont pas grillé comme les années précédentes. Elles ont souffert des grosses chaleurs de juin et ont mis du temps à repartir avec les premières pluies ». 

Faire manger un stock qui vieillit mal

Aujourd’hui, ses vaches ingèrent près de 10kg/jour d’herbe au pâturage. « Mon objectif est de garder ce niveau de pâturage dans la ration jusqu’à fin octobre. Je les complète, pour l’instant, avec 5 kg d’ensilage d’avoine. Puis je les affouragerai en vert récolté dans 5,5 ha à plus d’un kilomètre ».

Il a semé 5,5 ha de prairies sous couvert d’avoine qu’il a fait ensiler. « Mon ensilage ne se conserve pas. Je ne sais pas si je recommencerai à ensiler de l’avoine. Le problème peut être lié à sa tige creuse, ce qui rend son tassement très difficile. Dans tous les cas, pour un prochain ensilage, je placerai mon silo sur du béton et je demanderai au chauffeur de bien prendre son temps. Aujourd’hui, avant de le charger dans la désileuse, je suis obligé de le trier. » L’éleveur met près d’une heure pour distribuer son ensilage d’avoine contre 15 minutes habituellement.

Il est obligé de rationner les vaches au pâturage pour être certain qu’elles ingèrent les 5 kg d’ensilage distribués. « Le fil avant dans mes paddocks me permet de gérer le pâturage et de rationner mes vaches. Je suis arrivé sur les parcelles éloignées pour lesquelles je dois faire traverser une route au troupeau. J’ai décidé de mettre en place un parcours de paddocks de nuit pour éviter les traversées nocturnes. J’avance mon fil dans les paddocks de jour et de nuit, ce qui me prend environ 30 minutes par jour contre 5 minutes habituellement », calcule-t-il.

La production de 15 kg/VL (TB : 41, TP : 34) est produite uniquement par des fourrages. « Pour la 1re année, je vais complémenter mes fraîches vêlées jusqu’à la 1re IA féconde en mélange céréalier (200 kg/VL) pour les tenir en état et faire au moins 15 kg de lait/VL. » Il souhaite avant tout maîtriser son coût alimentaire : hors mésaventure exceptionnelle avec l’ensilage d’avoine, Michel Priour ne dépasse pas les 50 €/1000 L avec 40 VL à 5 500 L. « Maîtriser mon coût alimentaire et mes taux me permet de dégager un Excédent brut d’exploitation (EBE) de 50 000 € minimum dont 25 000 € de prélèvement personnel et 25 000 € d’emprunt professionnel. Quand on ramène aux 50 heures de travail hebdomadaire, je me rémunère 11 €/heure. »

Côté investissement Michel insiste sur le fait de s’équiper en fonction de ses besoins et de ses capacités financières. « Réfléchir et prendre les bonnes décisions sont notre quotidien. Quelquefois les gens s’imaginent qu’être en système herbager c’est moins stressant, mais ce n’est pas vrai. Il faut savoir prendre toutes sortes de décisions au bon moment. » Aujourd’hui, l’agriculteur a pour objectif de pérenniser un mi-temps salarié sur sa ferme sans augmenter le volume de lait livré. « Cela me demande de planifier tous mes chantiers que je ne souhaite pas faire seul. Je pourrai faire le choix de faire faire certaines tâches, mais je n’ai pas envie. »

Adage 35 : 02 99 77 09 56

Le pâturage automnal, une opportunité à saisir
Entre septembre et fin décembre, il est possible d'aller chercher au moins 1 t MS / ha avec le pâturage automnal.
Entre septembre et fin décembre, il est possible d’aller chercher au moins 1 t MS / ha avec le pâturage automnal.

Le pâturage automnal permet d’aller chercher de la fibre et de l’énergie en préservant les stocks. « Cette période de l’année n’est pas à négliger. Entre septembre et fin décembre, il est possible d’aller chercher 1 ,5 t à 2 t MS/ha d’herbe, contre 0,5 à 0,8 t MS /ha en 2016. » explique Michel Priour. Les vaches peuvent vêler au champ sans pour autant pénaliser le veau. Il faut savoir saisir cette opportunité tout en continuant de gérer le pâturage comme en saison printanière avec une sortie de paddock quand les refus sont entamés et un temps de repousse d’un minimum de 28 jours.

En zone intermédiaire
Depuis début septembre, le pâturage a redémarré. La repousse d’automne s’annonce de bonne qualité. La ration des laitières se compose de 50 % d’herbe pâturée, 50 % d’enrubannage et 1,5 kg de méteil. Les taux sont remontés (TB : 43, TP : 32,4). La production reste modeste à 16 L par jour. Toutes les génisses sont à l’herbe plat unique. Le maïs est prêt à être ensilé et j’attends une fenêtre météo pour la dernière coupe de luzerne et clôturer les récoltes d’herbe pour 2017. J’ai détruit une prairie dégradée. Comme elle est accessible, j’ai semé un couvert (RGI, colza fourrager), qui sera consommé cet hiver avant de ressemer une prairie au printemps. Civam AD 56 (07 85 26 03 02)

Ludovic Massard, Buléon (56)
En zone humide
Fin août, j’ai profité du beau temps pour couper 8 ha d’herbe. Avec les 42 rounds de foin réalisés et ceux du printemps, mes hangars sont remplis pour passer l’hiver. Les vaches ont quasiment en plat unique de l’herbe pâturée. Je leur mets à disposition du foin après la traite du matin, mais elles n’en consomment pas beaucoup. Il me reste du stock d’herbe sur pied de qualité, mais la pousse a bien ralenti avec la baisse des températures. Le niveau de production est de 12 L/ VL avec un TB à 52,5 et un TP à 37,4 (moyenne laiterie). Je passe la barre de coupe sur les chardons à rhizome, actuellement en fleur, pour tenter de les limiter un peu. Civam 29 : 02 98 81 43 94

Philippe Cloarec, Hanvec (29)
En zone humide
Depuis fin août, j’ai réduit la quantité d’enrubannage à 7 kg de MS/VL. Les vaches avaient tendance à moins bien pâturer. Depuis cela se passe bien. La ration est toujours sans correcteur azoté et le lait se maintient à 21 kg avec 41 de TB et 33 de TP. L’urée fait un peu le yoyo, nous étions à 260 début septembre et à 205 dernièrement. Les bouses sont un peu liquides, mais tant que les taux et le lait se maintiennent, c’est que tout se passe bien. Les vaches restent 36 heures par paddock et le délai de retour entre deux pâturages est de 35 jours.  Cedapa (02 96 74 75 50)

André Ganne, Saint-Étienne-du-Gué-de-l’Isle (22)
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