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Un panel de leviers pour sortir de la crise

Les déséquilibres offre-demande en lait et en porc plongent les éleveurs durablement dans la crise. Les solutions avancées pour en sortir semblent peu efficaces. Les responsables agricoles poursuivent la lutte.

« Nous nous sommes toujours opposés à la suppression des quotas » rappelait Laurent Kerlir, président de la Chambre d’agriculture, lors d’une conférence de presse organisée au Gaec des prés, à Berric, en début de semaine. Il vaut mieux le rappeler effectivement car quelques mois seulement après l’arrêt de la gestion des volumes, l’Europe se noie dans la surabondance de lait. Les cinq gros fournisseurs de la planète (UE, Nouvelle-Zélande, États-Unis, Australie et Argentine), produisent plus de 16 milliards de litres supplémentaires depuis juillet 2013. En parallèle, la Chine a réduit ses importations en 2015. Le prix s’effondre et l’embellie sur les marchés risque de se faire attendre. Idem pour la production porcine qui souffre de la même surabondance de produits. La Russie a fermé ses frontières et les distorsions de concurrence avec les voisins européens menacent la filière française. Le rouleau compresseur espagnol a pris le relais du lamier allemand pour des raisons d’organisation de filière et de coût de production.

172 dossiers agriculteurs en difficulté

En 2015, nous avons étudié 172 dossiers d’agriculteurs en difficulté, indique Alain Guihard, élu à la Chambre d’agriculture. Un chiffre en hausse par rapport à 2014. Ce ne sont pas seulement les jeunes et les récents investisseurs qui sont touchés mais tous les types d’exploitation.

Lever l’embargo russe

Laurent Kerlir soulignait les avancées obtenues de haute lutte : l’année blanche de cotisations sociales et leur baisse globale, la validation d’un fonds temporaire (6 mois) de soutien aux producteurs de porc ou encore la simplification de certaines normes. Pas suffisant pour faire remonter durablement les prix et encore moins relancer les investissements nécessaires au maintien de la compétitivité. La sortie de crise de l’élevage passe, selon lui, par un panel de leviers à actionner, aussi bien au niveau de l’Europe que de l’État français (levée de l’embargo russe, création d’outils de gestion de crise, loi sur l’encadrement des prix, étiquetage), sans oublier les différents maillons des filières (modernisation des outils industriels, fonds de soutiens.)  jusqu’aux producteurs eux-mêmes, invités à s’organiser collectivement et à maîtriser leurs coûts de production. En attendant une baisse des volumes de production, seule susceptible de faire remonter durablement les prix. Bernard Laurent

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