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Différentier la production, au-delà du VPF

Intervenant lors d’un débat sur la compétitivité de la filière porcine, devant des élèves du lycée La Touche, Patrick Faure, Agromousquetaires, a rappelé l’attachement de son groupe à la production locale.

Le contrat « Perspective » passé entre Intermarché et des organisations de producteurs doit donner, selon Patrick Faure, la possibilité aux éleveurs signataires d’investir. « Le contrat a une durée de 5 ans, soit les ¾ de la durée d’amortissement des équipements de modernisation. Nous avons une visibilité de plusieurs mois sur le marché des matières premières. Nous proposons donc une indexation du prix de porc sur celui de l’aliment. Deux trimestres de visibilité sur lesquels le producteur pourra se positionner ». Le groupe qu’il représente vient de reprendre les abattoirs de Josselin et de Briec et investit dans des salaisonneries (Monique Rannou). Il mise sur la production française. Une manière de sécuriser l’approvisionnement en viandes de qualité.  « Le logo VPF est reconnu. Mais nous devons aller au-delà. Il faut proposer autre chose que le VPF pour nous différencier sur le marché français ; des porcs produits tels que le consommateur le souhaite. C’est lui qui nous dirige ». Une montée en gamme en quelque sorte, que le député Paul Molac, intervenant lors du débat, encourage. « C’est un créneau pour la Bretagne si nous voulons conforter le modèle d’exploitations familiales auquel nous sommes attachés ».

Une charte d’engagement entre La Touche et un groupe de restauration

Le lycée agricole la Touche de Ploërmel et son partenaire de restauration, le groupe familial Convivio, en partenariat avec l’entreprise Kervarrec (atelier de découpe) et la Société Aliouest (fabricant d’aliment) mettent en place des actions concrètes pour dynamiser le territoire. Le porc produit dans l’élevage du lycée , abattu à Josselin, sera cuisiné par le groupe de restauration collective et proposé dans les cantines et restaurants du secteur géographique. Un logo apportera de la lisibilité à cette opération.

S’engager dans des démarches de progrès

Jacques Crolais, directeur de Comité régional porcin, salue l’initiative d’Intermarché mais rappelle que la filière française ne peut vivre isolée du monde. « Nous exportons 30 % de notre production et importons à peu près autant de volume (la France exporte des pièces boudées sur le marché national : gras et abats et importe des pièces nobles) ». La perte de compétitivité liée aux distorsions de concurrence plombe la filière.  « Nous sommes performants en sortie d’élevage : productivité des truies, indice de consommation…, mais les charges de structures ne cessent d’augmenter et les entreprises de l’aval souffrent du moindre coût de la main-d’œuvre dans des pays voisins, notamment l’Allemagne qui emploie des travailleurs détachés et l’Espagne. Le rôle des politiques est de créer les conditions d’une concurrence loyale dans l’Union européenne ». Jacques Crolais évoque la possibilité de protéger le marché français en élaborant un cahier des charges spécifique qui aurait pour conséquence de valoriser les éleveurs qui s’engagent dans des démarches de progrès. On attend les règles de ce cahier des charges, porté par l’UGPVB.

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