Politique et Syndicalisme

Confédération paysanne : “Sauvons l’élevage”

Le syndicat présentait la semaine dernière sa vision des productions liées à l’élevage, notamment sur les filières lait et porc.

« La fin des quotas n’a pas engendré une explosion attendue de la production : au vu des prix, les éleveurs ont préféré rester tranquille », introduit Jules Hermelin, animateur à l’UDSEA-Confédération paysanne. Pour autant, d’autres pays se sont lancés dans la course au volume, « avec des augmentations structurelles, comme en Irlande ou aux Pays-Bas. La production mondiale de 2015 reste tout de même supérieure à celle de 2014. Quant au débouché chinois, il faut savoir que l’Australie, plus proche, reste un interlocuteur pour le pays. Attention aux effets d’annonce d’aléas climatiques : on nous promet des productions mieux rémunérées en cas de sécheresse aux États-Unis ou en Nouvelle-
Zélande, or ces deux pays continuent à avoir des volumes produits en augmentation », annonce l’animateur.

Prix plancher et plafond

La Confédération paysanne pense à un système pour sécuriser le revenu des éleveurs laitiers. « Le syndicat s’est toujours battu pour la défense d’une politique qui encadre les volumes produits. Même si c’est une idée fondamentale, nous devons fédérer au niveau européen, mais ce sera très difficile avec les habitudes libérales prises à l’échelle du continent. Par pragmatisme, nous avons fait le choix de parler des prix pour avoir des alliés, mais sans abandonner l’encadrement des volumes. Nous militons pour avoir un prix plancher sous lequel on ne peut descendre, plafonné par un prix qui constituerait un fonds de mutualisation utilisé en cas de crise », pense Joël Kerglonou, producteur installé à Lampaul-Ploudalmezeau et membre de la commission lait nationale de la Confédération paysanne. Jules Hermelin ajoute : « Ce procédé à l’avantage d’empêcher la surproduction et d’aider l’éleveur en difficulté ».

Inquiétudes dans le porc

Jo Gélébart, éleveur de porc à Ploudalmézeau, brosse un sombre tableau de la production porcine. « Lors de notre rencontre en préfecture, on nous a annoncé des cours identiques jusqu’en septembre, puis un chute jusqu’en août 2016. Des propositions nous ont été faites d’étaler les annuités ou la MSA, avec des aides de 5 000 € ou de 10 000 € pour un couple. Quand on sait qu’une semaine d’aliment nous coûte 660 € pour 150 truies, cet argent équivaut à 15 jours de trésorerie. Les derniers investissements d’amélioration des bâtiments datent de 1994, ils sont maintenant devenus obsolètes… On va dans le mur », illustre le cochonnier. Fanch Paranthoën

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