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Alternatives aux antibiotiques

Nous voulions sortir des protocoles de traitement antibios

La triple vaccination – SDRP, circovirus , mycoplasme – a contribué à améliorer le statut sanitaire, à l’EARL Collec, à Guimilliau (29). Le taux de perte sevrage – vente a diminué de 10 % à 5,8 % actuellement.

« Je crois qu’on avait tout essayé en termes de traitements antibiotiques à spectre digestif et respiratoire. Les différents protocoles adoptés avaient toujours de bons résultats au départ mais ne tenaient pas dans le temps. Et plus on augmentait les doses, moins cela marchait », indique Jean-Yves Collec, associé à son épouse Claudie et à son frère Jean-Pierre sur une ferme de 80 hectares et 240 truies, dans le Nord-Finistère. L’élevage avait surtout un statut respiratoire compliqué. La forte densité d’élevages et la proximité de la route où circulaient les tonnes à lisier venant de l’abattoir Gad et allant vers les zones d’épandages n’arrangeaient rien. « Sur les conseils de notre vétérinaire, nous avons adopté la méthode Combo, de triple vaccination, préconisée par le groupement Triskalia.

Les charcutiers sont engraissés, après 120 jours d’âge, dans un bâtiment d’engraissement sur sciure
Les charcutiers sont engraissés, après 120 jours d’âge, dans un bâtiment d’engraissement sur sciure.

Depuis juin 2012, nous réalisons une vaccination contre le SDRP, sur l’ensemble du troupeau de truies, toutes les 16 semaines. Les porcelets sont également vaccinés une semaine après le sevrage. Les vaccins contre le circovirus et le mycoplasme (1re injection) sont administrés le jour du sevrage, à la seringue double corps. La seconde vaccination mycoplasme est réalisée quinze jours plus tard. » Cette double vaccination mycoplasme permet de protéger les porcs jusqu’au terme de l’engraissement. Le coût de la triple vaccination est de 2,70 €/porcelet. Les pertes sevrage – vente ont diminué, de 10 % à 6,5 %, très rapidement. La mortalité brutale en engraissement a disparu.

La triple vaccination Combo en chiffres

Le groupement Triskalia accorde une aide financière pour réaliser le diagnostic d’élevage (analyses) et pour la mise en place du programme Combo triple vaccination, de 20 à 55 centimes par porcelet (plusieurs vaccins peuvent être utilisés, selon les pathologies présentes sur l’élevage) et propose du matériel adapté : seringues double corps, Idal ou MS pulse (sans aiguilles).

Rompre la transmission des pathogènes

La supplémentation antibiotique dans l’aliment 1er âge a évolué, en parallèle. « Nous avons supprimé les antibiotiques à spectre respiratoire et conservé la colistine pour sécuriser l’aspect digestif au moment de la transition entre le 1er et le 2e âge. » Depuis 2014, la colistine a également été supprimée. La pompe doseuse, qui permet de traiter via l’eau de boisson, au besoin, n’a pas fonctionné depuis plus de six mois. L’aliment 1er âge est désormais fabriqué sur la ferme. « J’y incorpore des bactéries lactiques et des levures. » Ces levures sont également présentes dans l’aliment des truies. Les truies sont traitées à la lincomcine en poudre orale les 10 jours précédant la mise bas. « Nous avons tenté de rompre la transmission des pathogènes des mères vers leurs porcelets. Avec succès, car les diarrhées précoces ont disparu. Avant ce traitement, les porcelets étaient contaminés en maternité. Les traitements à la lincomycine des porcelets n’étaient pas efficaces sur la durée. »

Croissances linéaires

Les pertes en croissance sont aujourd’hui de 5,8 %. Objectif atteint. « On se pose désormais la question de la suppression de la lincomycine dans l’aliment des truies. » En parallèle, les éleveurs fabriquent un aliment « haut de gamme » en post-sevrage. « L’aliment était moins riche auparavant (bas niveau d’énergie, faible en protéines et riche en cellulose). Aujourd’hui, les croissances sont linéaires. Les porcelets sont plus lourds de 2 kg à la sortie de PS. La ration est plafonnée à 2,5 kg (une case, par bande, est pesée tous les 15 jours). »

Bilan sur 24 élevages en programme Combo Triskalia

  • Poids de carcasse : + 0,80 kg,
  • Plus-value : + 1 ct/kg,
  • Dépenses antibiotiques : – 0,18 €/porc,
  • % pertes sevrage-vente : – 0,5 %,
  • Âge 115 kg : – 1,9 jour,
  • Gain total : + 2,30 €/porc (soit 1,60 €/porc après déduction de la remise Combo).

Antibiotiques : 0,50 €/100 kg de carcasse

Les dépenses de santé sont de 5,20 €/100 kg de carcasse, dont 0,50 € d’antibiotiques (oraux et injectables). Les dépenses les plus importantes concernent le préventif, notamment les vaccins. Les règles de biosécurité sont respectées sur l’élevage : marche en avant, densité dans les cases, pas de mélanges de bandes… Le passage sur sciure (bâtiment récent), à 120 jours d’âge, compliqué auparavant, ne pose plus de problèmes. Les performances sont bonnes, conformes à celles attendues en élevage Label Rouge Opale : 600-650 grammes de GMQ par jour de vie, ce qui réjouit l’éleveur : « La démédication, particulièrement la diminution de l’usage des antibiotiques, était une démarche que nous souhaitions fortement, qui va dans le sens de la demande sociétale et que nous devons encourager, encore plus en production de porcs Label. » Bernard Laurent

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