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Alternatives aux antibiotiques

Le streptocoque contré par l'autovaccin

Depuis bientôt 2 ans, Philippe Jacob, à Bourg-Blanc (29), utilise un autovaccin sur ses 150 truies pour protéger les porcelets des streptocoques. Les méningites se font rares malgré le passage à l’aliment blanc.

« Il y a deux ans, je n’imaginais pas pouvoir utiliser un aliment 1er âge non médicamenteux », raconte Philippe Jacob, à la tête d’un élevage de 150 truies naisseur engraisseur et de 50 laitières. La supplémentation, dans l’aliment des porcelets, amoxiciline – colistine – flubendazole, avait évolué vers un cocktail TMP – colistine – flubendazole. Pour peu de résultats. Le post-sevrage était régulièrement plombé par la présence de streptocoques. « Il y avait de la mortalité due à des méningites foudroyantes – toujours parmi les plus beaux porcelets – et des arthrites. Nathalie Perez, vétérinaire de l’élevage, me parlait depuis déjà un petit moment de l’autovaccin. J’avoue que j’étais très sceptique. On entendait un peu de tout sur le sujet ». L’éleveur décide toutefois de tester la méthode. La souche du germe est prélevée sur des animaux malades non traités et identifiée en laboratoire. Les autovaccins sont utilisés sur les truies depuis avril 2014.

L’élevage en quelques chiffres

  • 150 truies naisseur-engraisseur,
  • 50 laitières,
  • 80 hectares dont 35 consacrés à la production porcine,
  • Conduite en 5 bandes,
  • 30,6 sevrés par truie,
  • GMQ 8-115 : 680 grammes,
  • IC global élevage 2,77.

2,32 €, la dose par truie

Une primo vaccination (2 injections) est réalisée sur les cochettes en quarantaine (8 semaines dans un local à l’écart de l’élevage). Le rappel est effectué en gestante, avec l’ensemble de la bande de truies, 4 semaines avant la mise bas. « Je prélève la quantité nécessaire d’autovaccin pour la bande et je la place à température ambiante. Le reste du flacon reste au réfrigérateur. À chaque truie son aiguille. Je diminue la ration journalière et je leur donne de l’aspirine. Il n’y a jamais eu d’avortements ni même de truies malades ». L’autovaccin (excipient huileux) assure une bonne immunité jusqu’en fin de PS et limite l’excrétion des germes. Le taux de pertes sevrage – vente a évolué favorablement : de 5,9% à 5,3%. « En parallèle, j’ai supprimé toute la supplémentation dans le 1er âge, que je peux désormais fabriquer à la ferme ».

Les dépenses liées aux antibiotiques (supplémentations orales et injections), qui s’élevaient à 1,48 €/100 kg de carcasse sont passées à 0,80 €/100 kg sur l’ensemble de l’élevage. La dose d’autovaccin coûte 2,32 € par truie (1 200 € par an pour l’ensemble du troupeau ou encore 0,31 € par porcelet). « La charge de travail n’est pas très importante car il s’agit d’un transfert d’immunité de la truie vers ses porcelets. Je n’ai pas besoin de vacciner les porcelets. Il faut simplement prévoir le planning de commandes de l’autovaccin ; il y a 5 semaines de délai avant la livraison ». Pour Nathalie Perez : « L’intérêt économique des autovaccins est encore plus évident sur une problématique actinobacillus mais la démarche va dans le bon sens et rassure l’éleveur ».

Les truies vaccinées par « l'auto-vaccin » confèrent une immunité aux porcelets jusqu'à la fin du post-sevrage
Les truies vaccinées par « l’auto-vaccin » confèrent une immunité aux porcelets jusqu’à la fin du post-sevrage.

Dépenses de santé maîtrisées

Le vermifuge est administré à la pompe doseuse, en fin de post-sevrage. L’élevage, indemne de SDRP, a un bon statut sanitaire. Il est situé à l’écart des axes routiers et au centre d’un parcellaire groupé de 80 hectares qui exclut les nuisances éventuelles liées aux épandages d’autres élevages. Les blocs bâtiments sont bien séparés : « C’est un avantage même si les transferts d’animaux sont plus longs ». Le bâtiment post-sevrage a été rénové en 2014 (remplacement des caillebotis béton par des caillebotis fil dans certaines salles et réfection de l’isolation). Les porcelets sont vaccinés contre le mycoplasme (une injection) et contre le circovirus. Les truies bénéficient d’un protocole vaccinal classique, sans la grippe et avec un vaccin contre la colibacillose du porcelet. Au total, les dépenses de santé sont de 5,09 €/100 kg de carcasse. Bernard Laurent

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