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La rouille jaune, une maladie en constante évolution

Lors de la journée « Rencontres du BSV », fin février à Rennes (35), un zoom a été fait sur la rouille jaune, une maladie en forte progression, liée aux caprices du climat et des évolutions des souches de cette maladie.

De toutes les rouilles qui s’attaquent aux céréales, la rouille jaune, provoquée par un champignon, est celle qui a le plus fortement augmenté au niveau mondial ces dernières années. Notre région n’est pas épargnée. « Depuis 4 ans, ce sont en moyenne 20 % des parcelles suivies dans le réseau d’épidémio-surveillance du Bulletin de santé du végétal (BSV) qui sont touchées par la maladie, avec des pics allant jusqu’à 40 % comme en 2012 » annonce Nathalie Saulais, de la Fredon Bretagne. En effet, suite à des hivers à climat doux, les inoculum de la maladie se conservent sur les repousses des cultures.

La rouille jaune gagne du terrain

Les raisons de cette propagation rapide de la rouille jaune sont connues. Elles sont liées aux caractères propres de la maladie, avec un cycle très rapide. « En effet, ce champignon se développe sur des tissus vivants, présentant près de 8 cycles en moyenne sur une année », décrit Claude Pope, spécialiste de cette maladie de l’Inra à Paris-Grignon (78). Avec des conditions climatiques favorables, comme en 2012, la maladie est relancée en quelques jours. « On a découvert récemment que la rouille jaune pouvait aussi se développer par reproduction sexuée, dont on ne maîtrise pas encore le fonctionnement », explique Claude Pope, ce qui peut renforcer cette dissémination rapide. De plus, la dispersion des spores par le vent est très rapide, sur de longues distances. « Aussi, des souches résistantes apparues en Angleterre ont pu traverser la Manche et arriver en moins de 3 ans au Danemark, à 800 km de là », relance la biologiste.

Le risque rouille jaune est élevé

La rouille jaune s’est déclarée dès la mi-février dans le Morbihan cette année. « Quelques cas sont encore signalés, mais les journées ensoleillées de la première quinzaine de mars ont freiné la propagation de la maladie, sensible aux rayons ultraviolets », analyse Nathalie Saulais, de la Fredon Bretagne. Cependant, grâce aux projections des données météorologiques, tous les modèles confirment que le risque climatique reste élevé. La surveillance des parcelles est donc de rigueur, et tout particulièrement sur les variétés sensibles.

Depuis 2012, la race Warrior a changé la donne

Depuis 2011, la race Warrior s’est étendue de Suède jusqu’en Espagne. Caractéristique, elle présente des stries noires sur les feuilles (télospores). Elle a quasiment détroné toutes les autres races de rouille jaune, représentant 95 % de la population en France. Multi-virulente, elle a contourné plusieurs gènes de résistance en même temps. Contrairement aux rouilles jaunes classiques, la souche Warrior est plus tolérante à la chaleur et aux ultraviolets. Et elle attaque aussi bien le blé tendre, le triticale que l’orge d’hiver. Carole David

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