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Récolte humide et rendement en baisse

La collecte se termine en Bretagne, avec de fortes disparités selon les départements et les types de sol. Les reports de culture, destinées initialement à l’ensilage, sont également faibles cette année, du fait de tonnages moyens récoltés en maïs ensilage.

Les estimations portent de 13 à 14 millions de tonnes la récolte de maïs grain cette année. L’année dernière, la France avait engrangé 17 millions de tonnes. Les rendements ne sont donc pas à la hauteur des espérances des producteurs pour cette campagne 2015, qui se termine en Bretagne. « Nous tablons sur une baisse de notre collecte de 20 %. Les conditions particulières de l’été ont défavorisé la culture, surtout dans les zones séchantes qui sont en retrait. Les terres profondes, avec une bonne réserve hydrique, s’en sont mieux sorties », analyse Michel Le Friant, responsable du pôle céréales chez Caliance. Pas de moisson miraculeuse pour les champs qui ont subi un coup de chaud durant juillet pendant le stade floraison, sauf pour les parcelles semées précocement sous plastique.

Les itinéraires techniques ont en effet été cruciaux pour la réussite des cultures. « Les semis de fin avril ont connu un fort épisode pluvieux qui a tassé la terre et accentué les phénomènes de battance dans certains sols. Les sommes de températures du mois de mai n’ont ensuite pas poussé les maïs à se développer rapidement. La couverture du sol se faisant plus lentement, des problèmes de désherbage ont été constatés, avec des adventices fortement concurrentes ». Au niveau régional, les producteurs du sud Ille-et-Vilaine et de l’est du Morbihan ont des raisons d’être déçus, alors que dans les Côtes d’Armor et sur le Finistère, les pluies bénéfiques du mois d’août ont rattrapé les inquiétudes naissantes en juillet et donnent au final des rendements dans la moyenne.

Humidité et maladies

Une des caractéristiques de cette récolte reste des taux d’humidité élevés des grains. « Nos mesures moyennes s’établissent autour de 40 %, soit une valeur proche de l’année 2012. Les variétés ont souffert d’un manque de somme de température pour arriver à maturité. Contrairement aux idées reçues, 2015 n’est pas forcément une année chaude aux regards des températures enregistrées en septembre. Les retards de végétation ont également touché d’autres cultures de récolte tardives, comme le sarrasin. Deux inconvénients majeurs touchent la filière avec ces céréales non sèches : les collecteurs doivent faire face à des débits de chantiers de séchage plus intenses, avec plus de grains cassés par les moissonneuses lors du battage, et le producteur est forcément pénalisé par des frais de séchage.

Au final, nous sommes préoccupés par l’image d’une marge sur la culture de maïs qui est défavorablement perçue par le producteur quand on cumule rendement moyen et frais supplémentaires à la collecte. Pour autant, le maïs reste une excellente tête de rotation qu’il est difficile de remplacer ». Les colzas, pois ou féveroles peuvent venir se substituer au maïs, mais sont aussi sujets à une certaine volatilité de prix et de rendement. Autre fait marquant en 2015, le développement des fusarioses sur les cultures. « La progression de la maladie fait craindre au niveau sanitaire, avec une prolifération possible des mycotoxines », pense le responsable. Il note aussi la progression des pyrales qui accentuent les fusarioses et remontent de plus en plus sur le territoire.

Une offre mondiale importante

Les cultures de maïs au niveau mondial sont plutôt bonnes pour ce millésime. « Les marchés sont orientés par la météo et la monnaie. Si l’euro reste faible, nous avons des perspectives d’export importantes, mais sans que cela profite au marché du maïs : celui du blé va s’assainir, car l’Europe autoconsomme son maïs. Avec un débouché fort en Bretagne par la consommation animale, le maïs est concurrencé par le blé. Si un débouché supplémentaire se réalise pour ce dernier, la pression sur le marché peut ainsi par ricochet faire remonter le prix du maïs ». Les prix d’acompte sont fixés à 125 €/t, soit le prix final de la dernière campagne.

Facteur important d’ouverture de marché pour les céréales, la mesure de la protéine n’est pas réalisée sur les grains de maïs. « Les fabricants d’aliment préfèrent utiliser du blé qui a des teneurs supérieures de 2 points en protéines face à son cousin maïs. Les semenciers travaillent plutôt sur des variétés avec des amidons de qualité plutôt que la valeur protéique. En revanche, les maïs bretons restent plus riches en protéines que dans le reste de la France, grâce à l’utilisation d’amendements organiques : la minéralisation des fumiers et lisiers est valorisée plus tardivement dans la saison qu’une céréale récoltée en été. C’est un argument de vente qui peut être utilisé pour l’export ».

Les parcelles de maïs grains irriguées répondent très bien, avec des rendements supérieurs à 100 quintaux secs en région Pays-de-Loire. Nous restons dépendants aux arrêtés préfectoraux qui peuvent interdire les arrosages. Fort heureusement, cela n’a pas été le cas pour cette campagne. Les variétés s’adaptent à cette contrainte, en supportant de mieux en mieux les stress hydriques. Avec les maïs d’il y a 20 ans, nous aurions connu une déconvenue cette année. Au total, les parcelles ont reçu en moyenne 210 à 250 mm d’eau répartie en 7 à 8 jours entre le 15 juin et le 1er septembre, avec des apports plus concentrés en début de cycle, au stade 10 feuilles du maïs. L’irrigation reste un levier qui garantit des rendements réguliers.

 

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