« La présence des vers de terre sur les parcelles agricoles diffère selon le travail du sol, les apports de matière organique, le potentiel du sol… Les engrais minéraux vont moins les favoriser. Les vers de terre sont par ailleurs sensibles à l’ammoniac libéré lors des épandages de digestat ou de lisier, mais l’impact à long terme est limité. Au niveau des produits phytosanitaires, les insecticides notamment peuvent être néfastes », a précisé Fanny Donet, conseillère protection des cultures et biodiversité à la Chambre d’agriculture de Bretagne, lors d’un bout de champ ouvert aux agriculteurs des bassins-versants du Meu et de Chèze-Canut, le 16 mars.
Les mottes ouvertes
L’évènement était organisé chez deux agriculteurs faisant partie du groupe Chambre AgroCultures. Des tests bêche ont été réalisés sur une des parcelles de Ludovic Simonet, éleveur à Boisgervilly (35), qui cultive ses terres en TCS (Techniques culturales simplifiées). Les personnes présentes ont réparti la terre sur une bâche, déstructurant chaque petite motte, à la recherche des vers de terre. « Ils sont actuellement en période de reproduction. »
La plupart des vers de terre atteignent leur maturité sexuelle au bout d’un an. « On peut reconnaître aisément un individu juvénile d’un adulte car ce dernier possède une bague en général plus claire que le reste de sa peau qui permet la reproduction. » Tous les vers de terre sont hermaphrodites protandres, ce qui signifie qu’ils ont des organes génitaux mâles et femelles. Mais ce sont les organes mâles qui s’activent en premier, suivis par les organes femelles.
Endogés qui travaillent plutôt de manière horizontale ; anéciques à tête rouge ou tête noire qui font des allers-retours verticaux et laissent des turricules (déjections) en surface ; épigés, de petite taille, qui vivent dans les premiers centimètres du sol ou dans le compost, le fumier… Les participants ont appris à reconnaître différents types de vers de terre. Plusieurs d’entre eux ont été repérés dans la parcelle qui avait été semée en triticale mi-octobre, après un maïs grain.
Échanger sur les pratiques
Cette rencontre avait pour but de « savoir reconnaître les espèces observées et d’en savoir un peu plus sur elles, de favoriser les échanges sur les pratiques des participants, et sur ce qui peut être fait pour favoriser la diversité en milieu agricole. »
Agnès Cussonneau
Reconnaître la faune rampante
Sur une autre ferme, celle de Jean-Émile Delaunay à Montauban-de-Bretagne, Fanny Donet avait placé des pots en plastique à différents endroits d’une parcelle de blé (précédent colza) de 2,5 ha. Même si c’est d’avril à septembre que l’on observe un pic d’insectes, plusieurs poéciles de la famille des carabes ont été isolés avec une passoire et une pince à épiler. « Ils peuvent manger des insectes et leurs larves ou des graines d’adventices. » Des staphylins, coléoptères très mobiles qui se nourrissent notamment de limaces, ont aussi été observés ainsi que de plus petits coléoptères. En se rapprochant du talus planté de haies, des araignées, des insectes participant à la destruction de la matière organique (collemboles, mille-pattes, cloportes) ont été repérés.

