L’agroforesterie pour mieux passer l’été

En 2019, le Gaec de Lait’Spérance à Argentré-du-Plessis (35) s’est tourné vers l’agroforesterie pour faire face à plusieurs défis tels que la sécheresse et le manque d'ombre pour son troupeau.

20179.hr - Illustration L’agroforesterie pour mieux passer l’été
Régis Badié et Martine Blin, les deux associés du Gaec de Lait’Spérance, dans une parcelle agroforestière. | © 20179.hr

« Les 2 dernières années ont été marquées par la sécheresse, il y avait un manque d’herbe et le troupeau avait un accès limité à l’ombre. J’avais aussi des terrains en pente et la ferme du voisin était souvent inondée », témoigne Régis Badié, un des associés du Gaec. 400 arbres de taillis et 400 hauts-jets Après une étude menée sur l’exploitation et le soutien financier de Lactel et de partenaires locaux, il entreprend la plantation de 400 arbres de taillis fourragers et de 400 hauts-jets sur les 20 ha autour des bâtiments. Les essences sont locales et adaptées au climat : alisier torminal, châtaigner, chêne ou arbres fourragers comme le mûrier blanc, le noisetier ou encore le tilleul. « Une diversification qui augmentera les chances de survie à long terme. » En fermage, l’exploitant a dû sensibiliser les propriétaires et les rassurer quant à la préservation de la valeur de leur foncier. Avec ce projet, il vise plusieurs objectifs : un fourrage pour ses animaux (les arbres resteront verts plus longtemps en été), une valorisation du bois des haies en paillage et des microclimats dans ses prés. Grâce à l’effet brise-vent des haies, il espère aussi réduire la consommation d’eau par les végétaux. La production et le bien-être animal seront aussi favorisés, comme l’explique Fabien Balaguer, directeur de l’Association française d’agroforesterie : « Lorsqu’elle est exposée aux températures extrêmes ou au vent, une vache consacre plus d’énergie à sa thermorégulation, lui laissant donc moins d’énergie pour produire du lait ou de la viande. En système agroforestier, les arbres permettent d’amortir ces contraintes, et cette énergie d’entretien peut être réduite de 30 à 50 %. » La biodiversité s’accroît Quatre ans après le début des plantations, Régis Badié observe les premiers résultats sur la biodiversité : « Une cane a choisi de faire son nid dans l’une de nos haies et les lièvres viennent…

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