Dossier technique

Des producteurs de G0 partis de zéro

Ancien technico-commercial dans le milieu de la pomme de terre, Antoine Petton a diversifié sa production avec les plants de pomme de terre. Tout a été créé sur le site. Il est associé avec Fabienne Kerboul.

Une personne avec des plants de pomme de terre dans les mains - Illustration Des producteurs de G0 partis de zéro
Antoine Petton est installé à Plouzané (29). Il a entièrement créé l'atelier pomme de terre. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

À l’installation de Fabienne Kerboul et d’Antoine Petton en 2020, pas un kilo de pomme de terre ne sortait de l’exploitation. Historiquement en production laitière, les associés ont créé de toutes pièces une activité de production de plants de pomme de terre. « Nous avons démarré par 1 ha de G0 et un tunnel de boutures. Puis l’activité s’est étoffée en plein champ, en remultipliant les plants de base. Aujourd’hui, nous sommes à 30 ha de production de souche », résume le Finistérien qui aime se présenter comme un producteur de plants… pour les producteurs de plants.

Dès 2021, une première partie de bâtiment a été construite, avec une superficie de 900 m2 pour une capacité de stockage de 750 t. Les investissements ont aussi concerné un calibreur, ainsi que tout ce qu’il faut pour la plantation et l’arrachage des pommes de terre. En parallèle, l’activité laitière a été conservée avec les 60 vaches pour 580 000 L de lait, complétée par un atelier porc en engraissement de 650 places. La SAU se monte désormais à 130 ha. L’année dernière, le bâtiment pomme de terre a été agrandi pour atteindre les 1 600 m2, « dans le prolongement des frigos isolés. La capacité de stockage est actuellement de 1 200 t ».

Une calibreuse à pomme de terre
La calibreuse est équipée d’une rampe de brumisation pour coller la poussière.

Gagner le maximum de place

Lors de la réflexion sur la construction de ce projet de bâtiment, « nous nous sommes fait aider par l’expérience de Philippe Dolo, de chez Bretagne Plants, et de Job Niguinen, de chez Eureden. Nous voulions un bâtiment large et peu profond, pour pouvoir accéder facilement à tous les lots en pallox. La chaîne de calibrage, fournie par LG Distribution, a été positionnée dans le fond du bâtiment pour gagner un maximum de place. Elle est équipée de brumisateurs pour gérer la poussière ». Chaque année, pour une variété donnée, les agriculteurs cultivent de nouveaux clones. Sur l’exploitation, « on multiplie 3 à 4 clones sur chaque variété sachant que nous en cultivons 24 différentes ». Ce sont donc de nombreux lots qu’il faut stocker et identifier.

Au total, l’investissement s’est porté pour le bâtiment à 550 000 €. « Pour ce qui est du matériel de froid, il faut compter environ 100 €/tonne stockée ». Les frigos fonctionnent ici par aspiration, « c’est une sécurité : on arrive toujours à sécher et à refroidir les plants. Même s’ils entrent à 16 °C, on arrive facilement à descendre à 12 °C, ce qui est un bon point pour des variétés sensibles à l’égermage ». Concernant les consommations d’énergie, la construction de ce bâtiment a été l’occasion de l’équiper en panneaux photovoltaïques de 130 kWc. Cette électricité est en grande partie autoconsommée, le reste est revendu. « La plus grande consommation d’énergie se situe pendant les phases de descente en froid, quand les plants passent par paliers de 12 à 2 °C ».

1 600 petits pallox

Les plus petits lots lors de la récolte sont ramassés à la main. « On va plus vite qu’à la machine. C’est même plus confortable, la qualité sanitaire est préservée ». Ces tubercules sont déposés dans des pallox de petite taille, de 750 kg. « Nous en avons acheté 600 l’année dernière », de quoi compléter les 1 000 déjà acquis. Petits dans leur hauteur, avec 90 cm, ces caissons limitent la hauteur de chute et donc les chocs. En frigos, ils sont gerbés sur 8 quand ils sont pleins, sur 9 à vide. « Certains pallox de très petits lots ne sont qu’à moitié pleins, ce qui prend de la place ».

Les expéditions de plants ont démarré au mois de janvier, « nous sommes organisés en marche en avant, en allant des frigos au conditionnement puis à la partie stockage et enfin au quai de chargement ». Pour ces départs, « nous utilisons à 95 % des big-bags ; nous pouvons charger jusqu’à 2 camions de plants par jour ».

Une fois que la saison d’expédition sera terminée, place au lavage et à la désinfection entière du bâtiment et de tous les pallox, précaution prise tous les ans.

Fanch Paranthoën

Repères : EARL Kerboul Petton; 2 associés, Antoine Petton et Fabienne Kerboul ; 2 salariés ; 130 ha de SAU ; 30 ha de plants ; 50 vaches laitières ; 650 places de porc à l’engraissement.

Un caisson de ventilation
Les caissons mobiles de ventilation sont de fabrication maison.

Des caissons mobiles maison

Utilisés soit pour sécher la récolte, soit pour ventiler et réchauffer les plants, des caissons mobiles fabriqués par Antoine Petton restent toujours à portée de fourche de chariot élévateur. Ces caissons peuvent être gerbés pour pulser leur air sur des piles de pallox, ils ont été fabriqués en utilisant de simples panneaux de contreplaqué filmés équipés d’un ventilateur.

Économiser du remblai

Le plan de base du bâtiment a été réalisé par les services de Bretagne Plants, puis « Job Niguinen nous a conseillés sur les choix des matériaux, sur l’orientation de la structure, ceci afin d’économiser le maximum de remblai ». La charpente métallique est recouverte de panneaux sandwich de 12 cm d’épaisseur sur les parties frigorifiques et en toiture. La faible pente de cette toiture exposée est-ouest permet à ces panneaux de bien produire. Une partie du bâtiment, non refroidie, est déjà isolée si besoin pour être mise en froid dans le futur. Un quai de chargement simplifie et sécurise les opérations de manutention, « je peux charger seul quand il fallait être 2 auparavant », apprécie Antoine Petton. Un auvent sert à stocker les différents matériels, mais aide surtout à la récolte, car « les remorques sont déchargées à l’abri et ne sont plus vidées dehors, ce qui nous donne beaucoup plus de souplesse ».


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