La pousse de l’herbe mesurée du 10 au 16 mars est en moyenne de 42 kg MS/ha/jour. Elle a presque doublé en une semaine, et les conditions climatiques de cette semaine augurent un bon créneau pour faire pâturer.
L’herbe pousse, soyez opportunistes
La pousse semble décoller dans l’ensemble des zones de mesure cette semaine. Cependant, certaines zones humides ne sont toujours pas praticables dans certains secteurs. Il est donc plus que jamais nécessaire de faire le tour de son parcellaire pour, d’une part, évaluer le stock disponible sur pied et, d’autre part, réaliser un planning de pâturage en fonction de la portance des parcelles. Le risque à cette période est de voir l’herbe filer et de se faire dépasser dans quelques semaines. Il est important de rappeler que l’herbe est un aliment peu coûteux lorsqu’il est pâturé, mais qui voit son coût tripler s’il est récolté mécaniquement. De plus, il est encore un peu tôt pour envisager les fauches, au risque de récolter un fourrage trop humide, qui pénaliserait la conservation et l’ingestion.
Pierre Bescou et Romain Retif
En bref
• Le programme Agri-Invest de la région Bretagne accompagne le financement de chemins et matériel de fauche. Pensez-y pour anticiper votre demande.
• Avec cette météo favorable, les génisses de 2e année de pâturage peuvent sortir au pâturage. Prévoir un râtelier avec du foin ou de l’enrubannage pour ménager une transition alimentaire.
« Un système économe performant en vêlage groupé de printemps »
Opinion – Styven – système herbager en AB à Rumengol (29)
Je suis producteur de lait depuis 2019 avec une soixantaine de vaches. Ma compagne me rejoint sur l’exploitation dans quelques mois, avec l’objectif de monter à 80 vaches, pour produire 320 000 L de lait en bio en monotraite. Les 117 ha de SAU sont essentiellement en herbe, (+4 ha de landes, et 20 ha de prairies permanentes humides). Le parcellaire est très accessible (95 ha dans un rayon de 800 m autour de l’étable). 80 % des vêlages ont lieu en mars/avril. Nous fermons la salle de traite 3 semaines depuis deux ans. Nous réalisons du croisement 3 voies à partir de la Holstein (ou Frisonne), de la Jersiaise, et de la Rouge norvégienne, pour un niveau d’étable à 4 100 L vendus/vache/an, en ration 100 % herbe, sans concentrés. Nous élevons 15 génisses de renouvellement par an. Les premières années rentrent à l’étable au premier hiver. Elles sont complémentées avec du maïs grain et de la luzerne, avec une ration à base d’enrubannée et de foin. Elles vêlent à 24 mois en moyenne. Les vaches taries quant à elles sont conduites en bale grazing l’hiver. Les laitières vont dormir la nuit dehors assez rapidement. Cette conduite nous permet de nourrir les vaches à 16 €/1 000 L.
Zoom sur : Piloter le pâturage grâce aux degrés-jours
Si les repères en « dates clés » sont souvent utilisés pour piloter le pâturage, le calcul des degrés-jours est une technique parfois méconnue, et pourtant intéressante pour bien gérer le pâturage. En effet, avec les bouleversements climatiques, il est fréquent de voir fluctuer d’une année à l’autre les dates de développement des essences prairiales. Pour les calculer, il suffit d’additionner les moyennes quotidiennes de température à partir du 1er février, en base 0 °C (avec un maximum de 18°C). Il faut retenir comme repères : 300° jours pour la sortie des animaux à l’herbe, 600° jours pour la fin du premier cycle, 800° jours pour réaliser les ensilages d’herbe, 1 000° jours pour réaliser du foin au bon stade des graminées.

