Depuis deux semaines, les actions du monde agricole à l’encontre de la grande distribution se multiplient. Mercredi 7 janvier, les E. Leclerc du département ont été visés par des dépôts de matières « suite à la position favorable aux accords du Mercosur du porte-parole de l’enseigne ». Vendredi 9 janvier, à Lamballe, les Jeunes Agriculteurs de Lamballe, Plénée-Jugon, Matignon et Moncontour ont visé le magasin Lidl puis l’hypermarché E. Leclerc pour « contrôler l’origine des produits alimentaires ». Si les manifestants sont conscients qu’il est « trop tard » concernant le dossier Mercosur, ils entendent défendre bec et ongles le Manger français en pleine période de négociations commerciales entre industriels de l’agroalimentaire et distributeurs. « L’année 2026 s’annonce très dure pour nous. Le prix des céréales est bas, le prix du porc recule toutes les semaines mais celui de l’aliment ne bouge pas… Et pour les consommateurs, la viande en rayon n’est pas moins chère. Où va la valeur ? », s’emporte un JA. « Notre alimentation est importée de partout alors que nous avons les agriculteurs, les abattoirs, les salaisonneries, les laiteries sur notre territoire pour fournir les GMS. Nous ne lâcherons rien. L’origine France doit retrouver toute sa place dans les rayons. Il en va de la survie de nos filières et de l’avenir de nos territoires. » Dans la foulée, des dépôts ont touché les boutiques Lidl. Chacun à leur tour, les deux syndicats FDSEA et JA 22 ont annoncé « un maintien de la pression » pour les prochaines semaines « dans l’attente d’efforts con-crets dans les box de négociations et dans les magasins en faveur des produits de la ferme France ».
Toma Dagorn





