Christophe Schilliger est éleveur en bovin lait bio au sud de Rennes. Sur une SAU de 45 ha, à 100 % en herbe, son objectif de production est de 90 000 L de lait avec 30 vaches laitières en monotraite. Dès son installation en 2021 (suite à un tiers qui produisait aussi du lait de vache bio), il a souhaité avoir de bonnes conditions de travail. L’achat d’une dérouleuse-pailleuse Silofarmer neuve (9 200 € HT en 2021) a été un investissement très utile, selon l’éleveur.
Moins de fatigue et un gain de temps
« Mon prédécesseur faisait le paillage et la distribution de l’enrubannage et du foin manuellement, j’ai testé cette astreinte quand j’ai passé du temps avec lui avant la reprise de la ferme. Avec la dérouleuse pailleuse, je peux faire ces opérations sans fatiguer, tout en gagnant du temps. »

Un bras de chargement ajouté
Christophe Schilliger attelle l’outil porté aux trois points de son tracteur de 85 ch et branche 2 flexibles hydrauliques (pas de prise de force). « J’ai fait ajouter un bras de chargement, extensible par vérin, qui permet de charger les balles de tous diamètres dans la dérouleuse-pailleuse sans avoir besoin d’un autre tracteur ». Il n’utilise que des balles rondes. L’éleveur a aussi opté pour une option qui permet de faire pivoter la machine pour travailler à droite ou à gauche.
Les peignes rétractables sortent pour le paillage. En accélérant, ils projettent la paille à plusieurs mètres. « La répartition n’est peut-être pas aussi parfaite qu’avec une pailleuse à soufflerie mais les vaches finissent d’étaler la litière en remuant. » Le paillage est réalisé « généralement les lundis, mercredis et vendredis ou après 48 h de présence mais rarement le week-end. »



Dérouler au pâturage également
L’aire paillée est curée une fois par an. La période en bâtiment est assez limitée dans ce système très herbager, les vaches sortent toute l’année tant que les sols sont portants. « Je fais du pâturage hivernal. » La dérouleuse permet aussi d’apporter de l’enrubannage ou du foin aux vaches au pâturage quand l’herbe manque en saison estivale.
Le tracteur unique sur la ferme sert également à raboter la grande aire d’exercice découverte (une fois tous les 2 jours environ) et à réaliser tous les travaux de fauche de l’herbe, de fanage et d’andainage. Le pressage des balles est délégué. La table d’alimentation est, elle, couverte, pour protéger les fourrages.

Monotraite, croisement, groupage des vêlages
Également pour réduire son temps de travail, Christophe Schilliger est passé en monotraite en 2022. « Cela m’offre de la souplesse, je peux emmener ma fille à l’école… Je débute généralement la traite vers 8 h 30, cela me prend entre 3/4 d’heure et 1 heure. » Alors qu’il a repris un troupeau de race normande, le Bretillien réalise des croisements en Prim’Holstein, « pour le volume de production », en Jersiaise (adaptée à la monotraite et offrant des bons taux) ou en Rouge scandinave (pour améliorer la santé). À l’avenir, du sang Pie Rouge pourrait remplacer le Prim’Holstein.
Les vêlages ont été concentrés sur deux périodes, au printemps et en automne. « Je souhaite m’orienter vers une seule période au printemps », précise l’agriculteur. L’âge au premier vêlage est de 2 ans.
Agnès Cussonneau
Se faire remplacer facilement
L’organisation mise en place sur la ferme permet à Christophe Schilliger de se faire remplacer facilement, avec une astreinte de 2 h en tout le matin. Avant de s’installer en agriculture, il a longtemps travaillé comme technicien dans l’industrie aéronautique. Lors de sa reconversion, il a suivi un BTS Acse et il approfondit ses compétences techniques au sein du réseau Civam Adage 35.

