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Dinan Agglo veut sensibiliser les futurs cédants

S’intéressant à la problématique de l’installation-transmission en agriculture, Dinan Agglomération a diligenté une enquête pour mieux connaître les futurs cédants et leurs intentions.

«Sur notre territoire, plus de la moitié des exploitations seront à reprendre dans les 10 ans. Par le passé, on a beaucoup parlé de manque de foncier agricole ou de difficulté d’y accéder comme frein à l’installation. Mais aujourd’hui, c’est désormais le nombre insuffisant de candidats à la reprise qui est devenu le facteur limitant. Il nous semblait donc urgent de mettre en œuvre un travail sur le renouvellement des générations et de le mener sur la durée. Beaucoup de gens sont très impatients concernant la transition agricole, mais les choses ne se font pas si vite. C’est pourquoi notre collectivité va investir sur ce sujet sur une décennie », explique Patrice Gautier, vice-président de Dinan Agglomération, en charge de l’agriculture et de la mer.

45 % des enquêtés sans repreneur connu

Dès l’automne dernier, une enquête a été réalisée en partenariat avec la Chambre régionale d’agriculture pour mieux appréhender le contexte local. Le questionnaire a été envoyé par mail et par courrier aux 326 agriculteurs de 57 ans et plus (sur les 1 200 environ en activité) du territoire de Dinan Agglomération qui compte 64 communes. Il s’intéressait aux projets des futurs cédants. « Avez-vous envie de transmettre votre exploitation ? Dans le cadre familial ? Avez-vous entamé des démarches dans ce sens ? Quels sont, pour vous, les freins à la cession de votre structure ? », détaille Marie Isabelle Le Bars, responsable Installation à la Crab. Au total, 100 réponses sont revenues. Après étude des résultats, la spécialiste fait remarquer que 45 % des enquêtés sont dans l’inconnu. « Ils pensent qu’une installation est possible sur leur ferme mais ils n’ont pas de repreneur connu. Selon les situations, l’urgence d’entamer des démarches est variable. » Par ailleurs, 24 % des fermes sont déclarées vouées à l’agrandissement d’une autre exploitation. Marie-Isabelle Le Bars tient pourtant à faire passer le message aux cédants que toute ferme peut être reprise. « La typologie des porteurs de projet a évolué. De nombreux candidats sont hors-cadre familial cherchent parfois des surfaces plus restreintes pour mettre en place des ateliers différents. » Avant de terminer sur l’importance d’anticiper la cession de sa ferme plusieurs années avant la fin de carrière en se rapprochant des conseillers spécialisés.

Le déclic de la transmission
L’automne dernier, en remplissant l’enquête, Philippe Grosset, producteur de lait à Évran, avait déclaré ne pas vouloir être recontacté concernant une prochaine transmission. Passionné par son métier, animalier dans l’âme, il n’avait jamais vraiment pensé à la retraite et la reprise de sa ferme. Ce questionnaire a finalement constitué un déclic puisque 6 mois plus tard, il s’est rapproché du Répertoire départ-installation et a déjà rencontré plusieurs candidats… À tout juste 60 ans, l’éleveur a désormais envie de permettre à un jeune de s’installer et de prendre le temps de profiter de sa famille.
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