Élevage

Des parasites résistants dans l’aire paillée

Cryptosporidies, coccidies et strongyloïdes mènent la vie dure durant les premières semaines de vie de l’agneau.

Parmi les parasites d’intérieur qui se retrouvent dans la litière, se trouvent les cryptosporidies. Il en existe différentes espèces dont cryptosporidium parvum qui affecte le système digestif des agneaux dans les premiers jours de vie. « Jusqu’à 4/5 jours de vie tout se passe bien, et tout se déclenche d’un coup avec l’arrivée d’une diarrhée jaunâtre liquide caractéristique, avec des animaux prostrés », relaie Philippe Jacquiet, de l’école Nationale vétérinaire de Toulouse, lors des récentes journées régionales ovines, organisées par le GIE Élevages. « Si la maladie ne se déclare pas tous les ans dans les élevages, le parasite – très résistant dans le milieu – est bel et bien présent. Les brebis sont porteuses et maintiennent le parasite dans les élevages. Il ne se déclare qu’en conditions favorables, difficile à lister car il reste beaucoup d’inconnues sur l’épidémiologie de cette maladie. » Le cycle de reproduction de cette cryptosporidie est court dans les cellules épithéliales de l’intestin grêle. La période à risque va de J5 à J20 chez l’agneau. « Il n’existe pas de traitement vraiment efficace. Parmi 200 molécules testées, 2 sont sorties du lot : lactate d’halofuginone et le sulfate de paromomycine. »

Des défauts d’efficacité des anticoccidiens ?

La phase à risque pour la coccidiose s’étale de 4 semaines à 3 mois d’âge pour l’agneau, d’autant plus lors d’événements générant des stress. Parmi la grande diversité d’espèces, deux sont hautement pathogènes : Eimeria ovinoidalis et Eimeria crandallis. Le dépistage repose sur la coprologie. « Il est nécessaire de typer et de quantifier les espèces présentes », insiste le vétérinaire, pour choisir le traitement efficace, d’autant plus que la gamme d’anticoccidiens n’est pas très large. « Et attention, on évoque souvent des défauts d’efficacité. Mais certains agneaux mettent du temps à s’en remettre, d’autres jamais ! L’anticoccidien ne répare pas les lésions sur la muqueuse intestinale… »

Les strongles de bergerie

Les strongyloïdes se dépistent aussi par coprologie. L’agneau peut se contaminer par ingestion des larves enkystés dans la litière ou sur un trayon contaminé. Baisse de GMQ, diarrhées, signes cardiaques… Le benzémidazole a une bonne efficacité sur ces nématodes. Les strongyloïdes s’associent souvent aux coccidies, « une association de malfaiteurs » qui se révèle délétère pour les agneaux. 

Traitement à jeun
« Il s’avère que les traitements antiparasitaires sont effectivement plus efficaces sur des animaux à jeun », explique Philippe Jacquiet. À l’herbe, par exemple, le transit intestinal est plus rapide, ce qui limite l’absorption du traitement, et le temps de contact entre le produit et le parasite.
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