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Clés de réussite de l’enrubannage

Un pressage à 50-60 % MS ainsi que des balles denses protégées par un nombre de couches de film adapté en fonction de leur nature et leur durée de conservation constituent des gages de réussite des enrubannages.

Adapté aux petits et gros chantiers, l’enrubannage est aussi apprécié pour sa souplesse d’utilisation. Il limite les pertes par rapport à l’ensilage, mais coûte plus cher. Pour que sa conservation et sa valeur alimentaire soient optimisées, des précautions s’imposent. Le taux de matière sèche est un premier paramètre essentiel. « Bien qu’il soit possible techniquement de réaliser de l’enrubannage à des teneurs en MS inférieures, le pressage à 50-60 % MS constitue une sécurité vis-à-vis des risques sanitaires et de la qualité protéique du fourrage. Au-delà de 65-70 % MS, le risque de moisissures sur les balles devient important », indique Anthony Uijttewaal, responsable du pôle fourrages chez Arvalis.

« Une teneur en MS minimale de 40 % en tout point de la balle doit être recherchée, obtenue grâce à un fanage adéquat. » C’est la condition pour empêcher le développement des butyriques et l’action des protéases : ces enzymes qui font baisser la valeur protéique du fourrage enrubanné (ou ensilé). Sur les fourrages fragiles comme les légumineuses, « il convient d’intervenir sur un fourrage encore humide ou réhumidifié par la rosée en réduisant le régime de la prise de force pour préserver les feuilles. »

Les chambres variables favorisent la densité

Deuxième point : la densité des balles est à favoriser. Il est recommandé d’avoir un andain aussi large que la chambre de la presse ou un peu supérieur. Les presses à chambre variable augmentent la densité par rapport aux chambres fixes. « La densité n’améliore pas ou très peu la conservation en tant que telle mais couplée à une teneur en MS supérieure à 50 %, elle permet d’empiler les balles sans risques de déformation et donc de déchirure du film. »

Le rotocut, pas fondamental pour la conservation

Qu’en est-il du rotocut ? Le passage des fourrages sur les couteaux réduit leur taille et accroît légèrement la densité des balles, généralement de 3 à 7 %. À noter que cette technique « facilite la distribution de la ration. Par contre, elle n’a pas un rôle réellement améliorateur de la qualité de conservation. Et rappelons que l’activation de ce système accroît le besoin de puissance ainsi que la consommation de fuel (+ 0,15 L/balle). »
Autre paramètre essentiel : le maintien de l’intégrité du film plastique. « Une perforation peut rompre l’anaérobie du milieu et engendrer des pertes significatives de matière organique ». Le liage par filet permet une surface de balle plus « lisse » que le liage par ficelle. « Dans une étude comparative, le liage plastique a permis un moindre développement de moisissures par rapport au liage filet. Mais d’autres références sont nécessaires pour juger de l’efficacité et de l’intérêt de la technique au regard du surcoût engendré. » Quelle que soit la technique de liage et de filmage, il est impératif de déposer la balle filmée à l’arrêt pour limiter le risque de perforation.

Quelles quantités d’azote pour le 3e apport?
Pour éviter l’échauffement des balles et donc la baisse de valeur, il ne faudra pas dépasser 36 heures voire 24 heures entre pressage et enrubannage. Le nombre de couches de film à appliquer dépendra du type de fourrage et de la durée de conservation prévue. On peut donner comme repères : 4 couches pour des graminées jeunes avec conservation < 6 mois / 6 couches pour des graminées longue conservation ou luzerne jeune et conservation < 6 mois / 8 couches en luzerne longue conservation. Pour garantir l’effet collant du film, il ne faut pas enrubanner sous la pluie.
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