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La Suède laitière est intensive

Les éleveurs suédois conduisent leur troupeau de façon intensive avec des niveaux de production proches de 10 000 Kg/VL, y compris en bio.

Une quinzaine d’éleveurs laitiers adhérents du groupe de développement Idrea (Ploërmel) ont visité des élevages en Suède en septembre dernier. Ils voulaient savoir si l’agriculture locale mérite sa réputation d’agriculture la plus propre du monde. Ils sont revenus persuadés que les éleveurs bretons lavent aussi blanc que leurs homologues suédois. Si ce n’est plus…

Petit pays laitier

Avec environ 4  000 éleveurs laitiers, la Suède est loin de peser parmi les poids lourds des pays européens producteurs de lait ; le volume national avoisine les 3,3 milliards de litres, soit sept à huit fois moins que la France ou l’Allemagne. La moitié de sa surface est couverte de forêts et plus du tiers est constitué de lacs, de montagnes et de marais. Le pays compte moins d’un dixième de sa superficie en terres cultivées. On comprend dès lors que l´activité agricole suédoise se trouve associée à la sylviculture. Plus de la moitié des exploitations possèdent et exploitent des forêts, avec en moyenne, une cinquantaine d’hectares par exploitation.

Herbe ensilée

La production laitière prédomine dans le centre et le sud du pays. Les précipitations sont voisines de 600 à 800 millimètres par an. Les fermes comptent près d’une centaine de vaches, en moyenne, contre une soixantaine en Bretagne. Compte tenu du coût du travail et de la raréfaction de la main-d’œuvre, la robotisation connaît un fort dynamisme, avec un tiers des fermes équipées d’un robot de traite. Les stabulations suédoises, aux toitures isolées, sont optimisées pour y loger un maximum de vaches. La ration, distribuée à la mélangeuse, est essentiellement composée d’herbe ensilée, de céréales immatures, de concentrés en grande quantité (blé, orge, féverole… produits sur place et tourteau de soja). Le maïs est très peu cultivé. Le temps de présence au pâturage est de 3 mois au minimum en système conventionnel et de 6 mois en bio. Le niveau de production par vache est élevé : autour de 12 000 kg dans les élevages visités par le groupe, et 10 000 kg en agriculture biologique, avec des vaches de race Prim’Holstein, Rouge suédoise ou croisées.

Rentabilité en berne

Le coût alimentaire est élevé, plus d’une centaine d’euros dans les fermes visitées ; un coût représentatif car la majorité des fermes adoptent ce même système alimentaire pour une productivité maximale par vache. Les charges de structure étant à l’avenant, les éleveurs ont du mal à assurer une bonne rentabilité. Le prix du lait conventionnel se situe autour de 330 €/1000 L et de 450 €/1000 L en bio. « C’est souvent la sylviculture qui permet aux éleveurs de s’en sortir », indiquent les membres du groupe. De fait, le renouvellement des générations n’est pas assuré. Beaucoup d’éleveurs suédois cessent l’activité laitière pour produire des cultures ; « La nouvelle génération estime que c’est trop de travail, trop de contraintes. Le dénigrement de l’élevage existe aussi là-bas malgré la volonté politique d’assurer le maintien d’une forte production laitière et des efforts de communication positive via les médias et les réseaux sociaux ». La Suède n’est autosuffisante en lait qu’à 70 %. Pour ne rien arranger, le pays a subi une sécheresse inhabituelle en 2018 qui n’a pas remonté le moral des éleveurs.

Pas d’antibiotiques sans vétérinaire
La coopérative danoise Arla Food jouit d’un quasi-monopole dans les pays scandinaves, elle collecte les trois quarts du lait suédois. Un seul et même organisme assure le contrôle laitier, le conseil et la sélection. 70 % des éleveurs inséminent eux-mêmes compte tenu des distances et du climat hivernal. Les agriculteurs ne sont pas tenus de couvrir les sols en hiver (la neige tombe très tôt dans la saison). Les bandes enherbées sont obligatoires autour des cours d’eau. Les éleveurs ne peuvent pas utiliser d’antibiotiques sans l’intervention d’un vétérinaire. Dans certains élevages, un bâtiment sert au logement de vaches « nourrices », alimentant des veaux pendant plusieurs semaines. Ce choix technique, qui répond à une volonté sociétale, est aussi motivé par l’obtention de veaux plus résistants. Les naissances ont lieu toute l’année. « Dans une station expérimentale, nous avons vu des veaux avec le troupeau, géré par des portes automatiques de tri. Cela donne une bonne image et pourrait être une mesure exigée pour le bien-être animal dans les années à venir… »
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