Pour une bonne gestion de la période sèche

La période sèche doit permettre à la vache de synthétiser un colostrum de qualité. Ensuite, le drenchage est l’assurance que le nouveau-né a bien avalé sa dose d’énergie et d’anticorps maternels. « Ici, le veau reçoit 4 L de colostrum », explique Vincent Carrer, installé en Gaec à Plouvorn (29). - Illustration Pour une bonne gestion de la période sèche
La période sèche doit permettre à la vache de synthétiser un colostrum de qualité. Ensuite, le drenchage est l’assurance que le nouveau-né a bien avalé sa dose d’énergie et d’anticorps maternels. « Ici, le veau reçoit 4 L de colostrum », explique Vincent Carrer, installé en Gaec à Plouvorn (29).
La période sèche est une étape à ne pas rater. Le repos mammaire est nécessaire aux laitières qui préparent la suite de leur carrière.

La « période sèche » d’une vache laitière peut se définir simplement par trois étapes physiologiques qui se chevauchent, à savoir l’arrêt de la lactation, la fin de la gestation et le démarrage de la production laitière. Cette phase, un peu plus longue que le simple intervalle tarissement – vêlage, est cruciale en termes de santé, les femelles étant alors plus fragiles. « Trois bras de levier sont à maîtriser par les éleveurs pour réussir ce passage : les apports énergétiques, les oligo-éléments et la balance cations-anions (Baca) », introduit Ivanne Leperlier, vétérinaire au sein de GDS Bretagne, lors d’une formation GDS-GTV (Groupement technique vétérinaire) dédiée.

Régime pour les vaches grasses

Les habitudes bretonnes de ration à base de maïs plat unique « apportent beaucoup d’énergie ». Mais attention, « la vache étant toujours en déficit immunitaire autour de la mise bas, en cas d’excès d’énergie, l’animal trop gras pourra subir des déchirures au vêlage pouvant aller jusqu’aux hémorragies vaginales, des non-délivrances, des métrites ». Le veau peut aussi souffrir d’une mise bas trop longue : « Il arrive épuisé et ira moins rapidement boire son colostrum ». À l’inverse, les situations de déficit énergétique engendrent des troubles métaboliques tels que la cétose, influencent la reproduction et la santé du veau et induisent un colostrum alors moins nourrissant.

Pour l’élaboration d’une ration adaptée, Kevin Le Roux, vétérinaire membre des GTV Bretagne, conseille de scinder les vaches taries en deux lots dès que possible. « Au début, les besoins en énergie sont de 0,7 UF / kg MS contre 0,8 UF en fin de période sèche. Il en est de même pour la MAT : 10 % après le tarissement puis 12 à 13 % les semaines avant vêlage. Prévoir deux rations est parfois difficile à réaliser. Il faut alors trouver un bon compromis ou encore diminuer raisonnablement la durée du tarissement », estime t-il.

Les papilles ruminales s’allongent

La période sèche est aussi un moment de la vie de la vache où les papilles ruminales, « peu développées au début du tarissement, doivent se développer en longueur pour être capables de valoriser la ration de production le plus vite possible après vêlage. C’est pourquoi mettre les taries à l’herbe avant un retour brusque à la ration maïs à la mise bas est à proscrire ». Notons au passage que si l’éleveur peut jouer sur la longueur de ces papilles en adaptant la ration en énergie, la quantité de ces dernières est déjà déterminée chez les jeunes animaux. Si leur nombre est insuffisant, la vache gardera cette faiblesse tout au long de sa vie. Ces papilles ruminales assurent « une meilleure rentabilisation de l’énergie de la ration, par une bonne absorption des acides gras volatils et nutriments ».

Outre le développement de ces papilles, « l’autre chose importante est la capacité d’ingestion », rappelle le jeune vétérinaire. « Durant la période sèche, le métabolisme des femelles doit aussi assurer la croissance des foetus ». Et comme la capacité d’ingestion diminue au fur et à mesure que le veau grandit, les vaches maigrissent souvent au cours du tarissement. « Cette capacité passe de 12 kg de matière sèche au tarissement à 8 kg avant vêlage. Il ne faut pas hésiter alors à concentrer la ration. »

Pour Kevin Le Roux, vétérinaire, « des papilles ruminales longues rentabilisent l’énergie de la ration ». Pour Kevin Le Roux, vétérinaire, « des papilles ruminales longues rentabilisent l’énergie de la ration ».

La Baca et les ions forts

La Baca, pour Balance cations anions, exprime le bilan « entre les ions forts ». Kevin Le Roux explique : « Elle doit être négative en fin de période sèche afin d’avoir un pH sanguin plus bas. Pour exemple, un maïs aura une Baca de + 140 qu’il convient de diminuer en ajoutant du chlorure de magnésium à raison de 100 g par jour et par vache tarie. Mieux vaut rester dans ces proportions, le chlorure de magnésium étant peu appétent et laxatif. » En revanche, le bicarbonate de sodium, qui fait monter cette Baca, est donc à proscrire chez les vaches taries. Pour mesurer cette Baca, une simple analyse du pH urinaire à l’aide de bandelettes réactives suffit. « À l’approche du vêlage, le pH urinaire doit être inférieur à 8 ».

Une période sèche optimale passe aussi par une vigilance sur l’apport d’oligo-éléments. Ces derniers servent, entre autres, à « la synthèse d’un bon colostrum, riche en anticorps, » pour le veau. « Chez la vache, les carences en sélénium ou en vitamine E réduisent aussi les contractions nécessaires à un bon vêlage », rappelle Ivanne Leperlier. Les minéraux apportés sous forme de semoulette ou de bolus sont à préférer à des blocs à lécher dont la consommation peut être aléatoire.

De l’eau, des fibres et du sel

« Le lait est composé à 90 % d’eau. Elle doit toujours être à disposition des vaches taries, avec un débit suffisant. Il faut compter un point d’abreuvement pour 10 vaches. Un bac à niveau constant délivrant 15 L par minute est adapté. L’idéal étant de proposer dans le bâtiment un circuit aux animaux entre la ration, la boisson et la distribution de sel. Ainsi, les vaches dominantes laisseront toujours de la place aux autres ».

Bichonner les taries

« La vache est un animal au comportement grégaire. Mieux vaut ne pas la séparer des autres avant le vêlage. Pour leur confort, prévoir 10 m2 par animal, en vérifiant qu’une zone ne reste pas inoccupée. En cas de problèmes sanitaires, ne pas hésiter à pailler plus, à raison de 1 à 1,2 kg / m2, une fois par jour. Le fait de pailler fréquemment modifie le pH de la litière, ainsi que la température : la multiplication des bactéries s’arrête temporairement. »

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