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Couverts végétaux : ne pas perdre l’azote du sol

Des agriculteurs des Côtes d’Armor sont vigilants aux fuites d’azote que peut engendrer une culture de pois, ou encore avec l’utilisation de fumier de volaille. Depuis plusieurs années, ils sèment leurs céréales directement dans un couvert de moutarde.

« Un précédent pois aura des conséquences sur les reliquats d’azote, tout comme l’utilisation de fumier de volaille. L’idée des agriculteurs est de capter cet azote par un couvert court, tout en passant par des techniques de semis direct pour limiter le travail. Pratique instaurée depuis 2014, les objectifs de rendement sont atteints », introduit Annie Charter, conseillère à la Chambre d’agriculture, qui travaille avec ces producteurs sur le secteur du bassin versant du Sulon (22).

Le couvert est remis pour cette campagne 2017, avec un semis de moutarde au 26 juillet, qui produit au 13 octobre 4 t de matière sèche à l’ha. « Il est important de semer tôt après la récolte de pois, hormis en conditions très sèches. Un semis en août pénalise la pousse, la matière sèche mesurée ensuite descende à 2,4 t, et même à 0,8 t plus on avance dans la saison ». Le rendement de la moutarde conditionne le piégeage d’azote, jusqu’à 140 unités captées dans les meilleurs cas. Pour un précédent pois, et si aucun couvert n’est installé, ce ne sont pas moins de 200 kg d’N qui sont perdus, contre seulement 30 à 50 unités en cas de sol avec couverture. « Il convient si possible d’exporter les pailles de pois, en fanant une fois avant la mise en andain », conseille Annie Charter.

Observation de ravageurs
« Cette année, les couverts à base de crucifère abritaient des tenthrèdes de la rave. Nous pouvions alors craindre des contaminations sur les cultures voisines. Fort heureusement, la moutarde ne permet pas un bon développement de ce ravageur, il n’y a pas de craintes à avoir », note Annie Charter.

Moins d’intrants pour la céréale

Guy Le Pavec sème ses céréales dans de la moutarde depuis maintenant 4 années. Il a fait le choix d’investir dans un semoir Väderstad CarrierDrill 300 d’occasion. « Je remarque moins de salissement dans la céréale, je diminue mes IFT car les champs sont plus propres. Du côté des consommations de carburant, il me fallait compter 30 L/ha en système charrue + herse rotative. Aujourd’hui, j’estime ma consommation à 8 L/ha ».

Lors de cette journée de démonstration, 2 semoirs sont à l’œuvre.

  • Le semoir Horsch Pronto 6, appartenant à Philippe Dolo, est capable « de semer 6 ha par heure dans les belles parcelles. Un premier train de disques travaille la terre, avant le passage de roues de tassage. Pour la rampe de semis, la pression sur les disques est de l’ordre de 130 à 140 kg par disque », explique le producteur. Cette machine est capable d’implanter une graine directement dans le couvert, sans passage de rouleau au préalable.
  • Sur le semoir de Guy Le Pavec, un rouleau Actisol Roll Krop est attelé à l’avant du tracteur. « Plutôt que d’écraser la végétation, le Roll Krop travaille le couvert. L’objectif est de rentrer le moins possible dans le sol, grâce à des lames inclinées. 2 positions sont possibles, avec 2 actions différentes : soit en étirement de la plante, soit en changeant de côté à l’outil qui devient alors plus agressif », explique Patrick Rolland, représentant de la marque Actisol. Simple et efficace, le rouleau a couché puis découpé le couvert.
rouleau-roll-krop
Le rouleau Roll Krop peut être attelé dans 2 positions différentes. Dans cette configuration, il va étirer les végétaux. Dans l’autre sens, il sera plus agressif. Le changement de position se réalise rapidement.
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