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Un changement d’exploitation pour faire du lait avec de l’herbe

Dominique Guillemin et sa femme ont vendu leur exploitation des Côtes d’Armor pour chercher un autre site leur permettant de produire du lait bio en système herbager. C’est à Cléguérec qu’ils ont trouvé la structure qui leur convenait le mieux avec un parcellaire groupé.

En 2008, Dominique Guillemin s’installe avec sa femme Marie-Madeleine sur la commune de Cléguérec (56) en reprenant une exploitation laitière bio. Quelques mois auparavant, l’éleveur avait vendu sa ferme située à
Plémet (22), après 16 ans d’activité, avec l’envie de se lancer dans une nouvelle aventure. « Je voulais une exploitation déjà en bio, mais mon 1er critère de sélection était d’avoir un parcellaire groupé autour des bâtiments. Mon souhait était de faire du lait avec de l’herbe car c’est le plus avantageux économiquement. Il suffit d’avoir un bâton et un bon chien », témoigne-t-il.

Pierre-Marie, Marie-Madeleine et Dominique Guillemin.
Pierre-Marie, Marie-Madeleine et Dominique Guillemin.

Faire la chasse au gaspillage

Aujourd’hui, la ferme totalise 71 ha dont 49 ha sont accessibles aux 76 vaches montbéliardes et croisées (Normande et Red Holstein) pour une production laitière de 474 000 litres vendus. Dominique et Marie-Madeleine Guillemin ont tout d’abord installé 67 logettes à la place de l’aire paillée pour le confort des animaux. « Depuis, nous avons très peu de mammites », constatent-ils. La salle de traite est passée de 2 x 5 à 2 x 7 postes. « Nous avons récemment agrandi le bâtiment et ajouté 44 logettes pour que les vaches soient plus à l’aise et en prévision de l’installation de notre fils Pierre-Marie qui est en BPREA à Kerel. Le stockage du foin et de la paille a été intégré dans l’agrandissement. 3 box à vêlage ont été judicieusement étudiés, ils sont utilisés aussi en box de tétées », explique l’éleveuse. La salle de traite est équipée d’un brumisateur et d’un pré-refroidisseur. Dans une optique de chasse au gaspillage, les éleveurs ont supprimé les nourrisseurs, installé des pompes sur les produits d’hygiène de traite et un pulseur à lait pour assurer une bonne vidange du pré-refroidisseur.

Déléguer l’élevage des génisses

La nurserie qui ne fonctionnait pas bien dans le bâtiment a été supprimée au profit d’une installation en plein air de 7 places avec le projet de la doubler dans les mois à venir. Dominique et Marie-Madeleine Guillemin veulent maintenant augmenter la production par vache pour produire plus de lait sur l’exploitation. Ils envisagent aussi de déléguer l’élevage des génisses. Intérêts : la spécialisation du travail et des éleveurs, pas de problème lié à l’élevage des jeunes, moins de besoins en bâtiment ou valorisation différente, moins de travail, moins d’unités d’azote produites et des surfaces libérées.

Les gains réalisés en externalisant l’élevage des génisses
Les gains réalisés en externalisant l’élevage des génisses

Mais ils n’oublient pas de lister les limites de cette externalisation : besoin en trésorerie et rentabilité au cas par cas, trouver une valorisation pour les surfaces libérées, risque sanitaire et regard limité sur l’élevage des génisses. « Nous envisageons plutôt de passer un contrat avec un éleveur de génisses assez proche de l’exploitation. Cela garantit une bonne connaissance des animaux repris. Il est possible de choisir les accouplements. L’éleveur est spécialisé, il existe même des éleveurs spécialisés de génisses bio en Bretagne. Sans contrat, nous craignons de perdre le progrès génétique de notre troupeau et d’être trop dépendant du marché de la génisse », explique Dominique Guillemin.

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