Campagne en scène

Le sphinx et le liseron

Elle en impose la bête. Jusqu’à 12 cm, ailes déployées. Le sphinx du liseron est un géant dans le règne des papillons. Mais pas la peine de le guetter sous le soleil. Le monstre aux ailes de plumes et de velours est un disciple de la nuit. Tout au plus le voit-on au crépuscule d’un chaud soir d’été, tel un colibri en vol stationnaire, vrombissant au-dessus d’une fleur de liseron ; déployant comme un avion ravitailleur sa longue trompe pour puiser le nectar dans la corolle profonde de la volubile plante honnie des agriculteurs et des jardiniers.

Avant de convoiter une parcelle de blé breton envahie de liseron des champs, ce lépidoptère a bien souvent fait un grand voyage. En partant d’Afrique du Nord entre mai et septembre, ce papillon fait partie des insectes au plus long trajet migratoire, capable de faire des pointes de 100 km/h et de maintenir une vitesse de croisière de 50 km/h. Cet athlète de haut vol n’hésite pas à pousser l’aventure en groupe jusque la Scandinavie.

Ce monstre des nuits à l’envergure d’une petite pipistrelle profite de son périple pour y distiller ses œufs sur les feuilles de liseron qu’il trouve sur sa route. Autant de petites billes couleur vert d’eau qui ne tarderont pas à se transformer en gargantuesques chenilles de 10 cm de long à l’appétit redoutable. Un ennemi juré du liseron qui y épuiserait son rhizome.

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