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L’ensilage de luzerne a de la répartie

La conservation de l’ensilage est cruciale pour disposer d’un fourrage de qualité. Rencontre avec les associés d’un Gaec finistérien qui récoltent cette année 13 ha de mélange à base de luzerne.

Fin de semaine dernière, le chantier d’ensilage va bon train au Gaec Henry, ferme familiale en production laitière à Pleyber-Christ (29). Le mélange composé de luzerne, de dactyle, de trèfle violet persistant et de fétuque des prés a été fauché 2 jours auparavant, puis andainé. Une autochargeuse réalise la récolte, afin de couper les brins à une longueur de 8 cm, bon compromis entre fibre longue pour la rumination des laitières et facilité de tassage au silo.

« Nous choisissons ce mode de stockage pour limiter l’utilisation de plastique », explique Jean-François Henry, associé sur l’exploitation avec son épouse Anne-Marie et son fils Alexandre. Une des craintes de l’éleveur chaque année à la confection du silo est de percer la bâche en étalant le fourrage au godet du tracteur. « J’observe des poches de pourri à chaque trou dans la bâche. Je préfère le jeter, car c’est alors un aliment qui n’est vraiment pas bon pour les vaches ».

Un silo bien tassé, c’est l’assurance d’un fourrage de qualité qui se conserve dans le temps. Pour répondre à ces critères, la société Reck a mis au point des rouleaux qui, attelés à l’avant ou à l’arrière de l’engin tasseur, répartissent les fourrages. À la clé, « un compactage optimal et rapide, des fines couches facilement réparties et de façon ciblée, et même une qualité odorante et nutritive de l’ensilage d’herbe améliorée », annonce le constructeur.

« L’utilisation de luzerne réduit les frais vétérinaires de l’élevage », observe Jean-François Henry.
« L’utilisation de luzerne réduit les frais vétérinaires de l’élevage », observe Jean-François Henry.

Une répartition homogène

Pour tester le matériel de cette société allemande, la fédération des Cuma du Finistère a mis à disposition des éleveurs un répartiteur Jumbo lors de la journée de chantier. Plutôt que de pousser le tas classiquement avec le chargeur du tracteur, le rouleau se connecte à la prise de force avant, étalant efficacement l’ensilage. Résultat : les brins sont envoyés sur les côtés du silo, la répartition est homogène. Même si le tassement est plus long du fait d’une aération de la matière par le rouleau, la couche de mélange à base de luzerne est plus homogène.

Les luzernières font partie de la sole de l’exploitation finistérienne depuis plusieurs années. « La luzerne pure, distribuée à raison d’un maximum de 4 kg de matière sèche par vache et par jour, a laissé la place au mélange actuel qui me permet de monter entre 6 et 7 kg quotidiennement. Un conservateur (de l’acide propionique) est additionné habituellement lors de la récolte à l’autochargeuse, sauf cette année, la teneur en matière sèche atteignant les 40 % ».

Plus de luzerne, moins de frais vétérinaires

La ration, composée de moitié de maïs et de ce mélange, permet aux éleveurs de baisser le coût alimentaire, ainsi que de « limiter les frais vétérinaires et d’économiser du soja. Je ne le distribue pas aux vaches taries, car ce fourrage est riche en calcium », rappelle Jean-François Henry. Du côté de la conduite de la culture, la potasse est apportée sous forme de sulfate plutôt que chlorure, pour « préserver les nodosités de la plante ». Trois coupes viendront petit à petit remplir le silo, la 4e coupe étant stockée sous forme de silo taupinière.

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