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Porc : la complémentarité France-USA dope le progrès génétique

Les lignées de Choice Genetics bénéficient des moyens de recherche du groupe Grimaud, qui sélectionne les gènes de diverses espèces animales, dans les grands bassins de production mondiaux.
De gauche à droite : Arnaud Guérin, directeur France, Pierre-Yves Lannuzel, ingénieur recherche et Stéphanie Guyot, responsable marketing.
De gauche à droite : Arnaud Guérin, directeur France, Pierre-Yves Lannuzel, ingénieur recherche et Stéphanie Guyot, responsable marketing.

L’intégration au groupe Grimaud, en 2011, a donné de nouveaux moyens à la sélection des lignées développées par Pen ar Lan. Ces lignées, mâles et femelles, adaptées au marché français et européen, font désormais partie du même groupe que celles sélectionnées par Newsham aux États-Unis, adaptées au marché nord-américain. La fusion totale de tous les noyaux de race pure, pour profiter d’une base de sélection plus importante, n’est pas envisageable. Il existe néanmoins des complémentarités.

Certaines caractéristiques propres aux porcs américains peuvent bénéficier aux cochons français (et vice versa). C’est le cas pour l’indice de consommation (IC), par exemple. « Aux USA, Choice travaille depuis plusieurs années sur l’amélioration de l’IC de toutes ses lignées, grâce aux contrôles individuels en engraissement des animaux en race pure (Dac et pesées automatisées des porcs) et à la tomographie (les candidats reproducteurs endormis sont scannés pour connaître le taux de muscle, de gras, la qualité osseuse).

Le piétrain américain a une longueur d’avance sur ce caractère », assure Pierre-Yves Lannuzel, ingénieur recherche et développement. En France, dans les divers organismes de sélection, les contrôles individuels de l’IC sur candidats reproducteurs débutent (voir article page 20). Via la semence, des échanges de gènes entre la France et les États-Unis ont lieu à titre expérimental. « Nous en sommes au stade des essais ». En fonction des résultats, ces échanges pourraient s’intensifier et les lignées mâles françaises pourraient prendre un léger accent américain.

La Naïma vieillit bien

La Naïma est issue d’un croisement Redone (type Landrace avec gènes chinois) et Gallia (Large White). Ces lignées sont sélectionnées sur les qualités maternelles et la rusticité avec une durée de sa gestation de 114 jours. Depuis 2008, les poids de portée sont collectés. Des milliers de porcelets sont pesés individuellement chaque année dans les élevages de sélection. L’objectif est d’accroître le nombre de nés vivants en maintenant le poids individuel des porcelets et leur homogénéité. Toutes les portées sont ensuite pesées au sevrage pour évaluer la production laitière des truies en race pure. Il en sort un index « qualité maternelle » de la truie.

La recherche multi-espèces au service de la sélection porcine

La recherche porcine de Choice Genetics bénéficie de l’expérience de la sélection d’autres espèces animales. « Nous avons une équipe d’une quarantaine de personnes au service recherche, divisée en sous-groupes selon les espèces », poursuit Pierre-Yves Lannuzel. « Les échanges transversaux sont réguliers et nous permettent de connaître les outils et les méthodes appliquées dans d’autres espèces et de les utiliser éventuellement en sélection porcine ».

Des outils de traitement des données de sélection avicole sont, par exemple, transposés à la sélection porcine. Les 3 pôles de recherche du groupe sont situés en Europe, en Chine et aux USA, dans les 3 grands bassins de production mondiaux. Les principaux axes de sélection sont la prolificité des truies, l’efficacité alimentaire, la qualité de carcasse et la tolérance aux maladies.

Un verrat résistant au colibacille K88

Dans un objectif de dé-médication, Choice Genetics a sélectionné, sur le verrat P88, le gène de résistance au colibacille K88. Ces animaux sont NN, non porteurs du gène de sensibilité au stress, influant sur la qualité de la viande. Concernant la sélection sur l’IC, tous les animaux des lignées mâles sont désormais contrôlés individuellement grâce aux automates de consommation. L’équipement des élevages de sélection des lignées femelles est en cours.

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Un commentaire

  1. Faudra-t-il des semences humaines génétiquement modifiées pour que le Paysan Breton se reconvertisse aux productions végétales ?
    Mais avant tout, le Paysans Breton est-il assez rentable en lui-même ?
    Apparemment pas, si l’on se base sur les études bancaires et industrielles ! Et face au constat de l’exploitation généralisée de ces mêmes Paysans Bretons, sous prétexte de rentabilité !
    Doit-on modifier les gênes qui permettent aux Paysans Bretons de se plaindre de ses conditions de travail et de vie, afin d’apaiser les “décideurs” qui s’engraissent sur son dos ? Ou, doit-on le modifier génétiquement pour qu’il prenne conscience que les souffrances et les mort d’hommes, comme des exploitations, qu’il subit, sont en rapport direct aux conditions de vies déplorables de ses animaux qui lui sont suggérées et qu’il se croit obligé de perpétrer ?

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