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Alternatives aux antibiotiques

Des truies et porcelets en forme grâce au lin extrudé

L’entreprise Valorex mène depuis le début des années 2000 des travaux mettant en évidence le rôle favorable d’un apport en omega 3 sur la santé des truies et des porcelets.

À ce jour, Valorex n’a pas encore chiffré la baisse d’utilisation de médicaments en élevage porcin que peuvent permettre ses aliments. « Mais nous avons par contre réalisé de nombreuses expérimentations dans le cadre de travaux de thèses avec l’Inra, apportant la preuve des bénéfices des graines de lin que nous sélectionnons pour leur teneur en oméga 3 et qui sont thermo-extrudées pour favoriser leur digestion par les animaux », précise Béatrice Dupont, directrice commerciale. Citons par exemple l’étude réalisée en 2010 en partenariat avec l’Ifip et l’Inra qui compare des régimes identiques où seul diffère le profil en acides gras sur des portées hyperprolifiques de 16 porcelets minimum. « L’aliment supplémenté en lipides permet de réduire la durée de la mise bas par rapport au lot témoin non supplémenté.

Stéphane Deleau, directeur général Valorex, et Béatrice Dupont, directrice commerciale, devant la nouvelle ligne d’extrusion de Combourtillé (35)
Stéphane Deleau, directeur général Valorex, et Béatrice Dupont, directrice commerciale, devant la nouvelle ligne d’extrusion de Combourtillé (35).

Le rôle positif et connu des lipides est mis en évidence. Cependant, la qualité des acides gras compte également beaucoup puisque l’apport de 7 % d’aliment Valorex permet d’améliorer le rythme des mises bas de plus de 1 h 30 par rapport au lot témoin », indique Axel Minetto, ingénieur monogastrique. « Plus le délai de la mise bas est court, plus les porcelets ont accès à un colostrum de qualité et en plus grande quantité. » Ce qui se traduit dans les chiffres de l’étude au travers du taux de perte au sevrage à 28 jours. Avec l’aliment « lin », il descend à 14 % pour les porcelets de « petits poids », et à 11 % pour les « poids moyens ». Ces chiffres sont respectivement de 36 % et 24 % avec le témoin, et de 32 % et 12 % avec l’aliment contenant de l’huile de palme.

L’immunité des porcelets renforcée

Réalisé à l’Inra de Saint-Gilles, un autre essai montre que l’apport d’acides gras essentiels dans l’alimentation de la truie améliore l’état sanitaire des porcelets. « Le plasma sanguin de ces derniers affiche un taux deux fois moins important d’haptoglobine, marqueur de l’inflammation », chiffre Mathieu Guillevic. Selon l’expert, le taux « omega 6 / omega 3 » optimum en alimentation animale se situe en deçà de 4. Actuellement, il n’est pas systématiquement regardé par les fabricants d’aliments français.

Un lait de meilleure qualité au profit des porcelets

Une seconde expérimentation met en évidence le rôle des graines de lin extrudées dans la qualité du lait. En moyenne sur toute la durée de lactation (28 jours), la truie restitue ou synthétise trois fois plus d’oméga 3 avec l’aliment à base de lin qu’avec celui à base d’huile de tournesol. Ce lait plus riche améliore la santé des porcelets. « Les enzymes digestives sont plus actives, le système digestif est plus mature. L’absorption intestinale des nutriments s’accroît. La surface d’échange est augmentée (taille des villosités) et la membrane permet plus d’échanges par voie passive (fluidité et perméabilité due à la richesse en oméga 3) et par voie active (plus de canaux membranaires) », explique Mathieu Guillevic, ingénieur R&D et chef de projets. Agnès Cussonneau

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