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La polyvalence comme point fort des Point Vert

Pour s’implanter durablement dans les territoires ruraux, les Point Vert ne cessent la mue de leur offre pour capter une clientèle locale non agricole. Un chiffre d’affaires indispensable pour conserver la qualité de service aux adhérents professionnels.

Dans les Côtes d’Armor, après Merdrignac et Matignon, c’est le tour des enseignes de Broons, Paimpol ou Lanvollon… Le groupe coopératif Triskalia continue d’investir régulièrement dans la rénovation et la modernisation de ses magasins à travers le territoire. « À côté des nos nombreux métiers de collecte et de valorisation dans les différentes filières de production agricole bretonnes, la distribution est une diversification stratégique pour nous », explique Philippe André, président de la section Céréales et de la section territoriale de Loudéac (22). « Mais pour pouvoir conserver cette réponse apportée à nos adhérents en termes de proximité et de qualité de services, les magasins se sont ouverts, en s’appuyant sur le tissu rural environnant, de plus en plus vers le grand public. » On parle d’un concept de commerce multi-spécialiste de proximité.

« Le statut de magasin providence »

Les élus locaux l’ont bien compris. « Ce magasin apporte toutes les solutions nécessaires à la population d’origine agricole. Mais aussi, aujourd’hui, au simple particulier qui bricole et jardine de plus en plus », résume Nicolas Besnard, adjoint à la municipalité de Merdrignac, en visite au Point Vert local. Chez le « leader de la distribution verte en France », on tient au statut de « commerce providence où chaque magasin se ressemble mais présente des adaptations », lâche Laurent Labattut, directeur d’Apex, la centrale d’achat qui référence 440 fournisseurs pour approvisionner l’ensemble des points de vente en Bretagne et dans de nombreuses autres régions (où d’autres coops adhèrent au réseau).

66 % du chiffre par le grand public

Yves Nicolas, responsable Activité distribution chez Triskalia énumère la gamme très large de produits que l’on trouve dans ces lieux : « Des pièces d’usure ou de dépannage de clôture, des consommables ou des produits d’hygiène… » pour les agriculteurs. « Des chaussures de sécurité, des bombes de peinture, du matériel de plomberie et d’électricité… » pour les artisans et les bricoleurs. « Une offre de plantes qui évolue avec les saisons, des outils, de l’engrais… » pour les adeptes du jardinage et les paysagistes locaux. Cette « polyvalence » se retrouve d’ailleurs dans les chiffres : « À Merdrignac, le Chiffre d’affaires, qui progresse, atteint 1 206 k€ HT. Dont 17 % réalisés par les agriculteurs adhérents, 7 % par des petites entreprises (paysagistes, artisans, municipalité…). » Le grand public se taillant la part du lion avec les deux tiers du chiffre d’affaires… Autre preuve, pour Yves Nicolas, « du dynamisme et de la vitalité économique en zone rurale en Bretagne » ressentie au travers du succès des magasins de proximité : « 74 % du commerce provient de clients fidélisés. Dans notre réseau, les gens effectuent 5,6 passages en caisse par an en moyenne pour un panier moyen d’une valeur de 31,1 €. » Toma Dagorn

L’avis de Yves Nicolas, Responsable Activité distribution chez Triskalia

À la naissance de Triskalia, nous avons décidé de restructurer les magasins. Objectif : même à la campagne, être au top dans les standards du commerce. Cela se concrétise par des rayons lisibles, une circulation fluide de la clientèle suite à un gros travail sur les plans, un système informatique performant en wifi pour permettre aux vendeurs de passer commande devant leurs rayons… Mais aussi en installant un poste dans la réserve pour que l’agriculteur soit à l’aise quand il vient en tenue de travail. Nous avons aussi capitalisé sur le savoir-faire d’Eolys qui valorisait déjà de l’alimentaire. En privilégiant un approvisionnement local et régional chaque fois que c’est possible,  notre rayon terroir ressort très complémentaire, avec par exemple sa foire aux vins à l’automne, de l’activité jardin très concentrée de mars à mai… Au final, nos magasins polyvalents sont durables, rentables et vivent au rythme de leur territoire.

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