Economie, marchés et gestion

L’abattoir Gad Josselin dans l’attente

L’embargo russe sur la viande de porc, décrété en février dernier, a exacerbé les problèmes structurels de la filière porcine bretonne. L’abattoir Gad Josselin est dans la tourmente.

Les 37 000 porcs abattus chaque semaine à Josselin, après la fermeture de l’abattoir de Lampaul-Guimilliau, semblaient prometteurs pour l ‘avenir du site morbihannais. En seulement quelques mois, le volume de production est descendu à moins de 30 000 porcs par semaine. Le compte n’y est plus et l’objectif des 40 000 porcs abattus, nécessaire pour pérenniser l’outil, semble
désormais très ambitieux. L’embargo russe sur les viandes porcines européennes, de février dernier, imposé pour d’obscures raisons sanitaires (peste porcine africaine), a exacerbé les problèmes de la filière. Les 750 000 tonnes exportées en moyenne chaque année, en Russie, dont 75 000 françaises, doivent trouver de nouveaux débouchés et déstabilisent le marché intérieur. Guillaume Roué, président d’Inaporc, parle d’un préjudice de 500 M€ pour la France, depuis février. Certains outils, déjà fragilisés, vacillent.

Lampaul Agro défend son projet

Les salariés de Gad Josselin manifestaient samedi dernier à Lorient pour inciter les pouvoirs publics à se pencher sur les difficultés de leur entreprise. La cessation d’activité n’est pas exclue, moins d’un an après la restructuration et le transfert de l’activité à Josselin. Pour l’éviter (900 emplois menacés), une offre de reprise – la filiale SVA Jean Rozé, d’Intermarché est toujours en négociation – devra être formulée rapidement. « Nous n’avons pas de détails sur les discussions avec SVA. Mais il faut qu’elle se positionne très très vite. Le temps joue contre nous », s’alarme Patrick Piguel, délégué de la CFDT. Plus au nord, les porteurs de projet Lampaul Agro affichent toujours leur volonté de relancer une activité (9 500 porcs par semaine) sur le site de Lampaul-Guimilliau. A moins d’inverser la tendance de fond à la baisse de production dans les élevages, il sera difficile de satisfaire toutes les demandes. Bernard Laurent

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