Réduire l’empreinte carbone

Suite à la réalisation d’un bilan Cap2ER en 2024, l’empreinte carbone de l’EARL de Kercampo à Andel s’améliore en produisant plus de lait par vache et en réduisant le nombre d’animaux.

Des vaches de race Holstein devant un robot de traite Lely dans une étable avec ouverture vers le pâturage - Illustration Réduire l’empreinte carbone
Le nouveau robot de traite dans le bâtiment neuf avec accès au pâturage | © Paysan Breton – T. Dagorn

« Alerté sur la problématique du bilan carbone, j’ai réalisé un diagnostic Cap2ER en 2024 », expliquait Sébastien Botrel, installé à Andel (Lamballe-Armor), mardi 3 novembre lors de la porte ouverte du GIE Élevage Bretagne. Il conduit 75 vaches (65 à la traite) et 1 000 places d’engraissement en libre (maternité collective) sur 103 ha de SAU. Des chiffres qui renvoient à la « ferme moyenne bretonne auditée », précise Jeanne Lichou, animatrice du programme Agri Bas carbone au GIE Élevage.

0,85 kg équivalent CO2 par litre de lait

Selon le bilan environnemental réalisé, par hectare de SAU, l’EARL de Kercampo nourrit 27 personnes, stocke 113 kg équivalent CO2 et entretient 0,7 ha de biodiversité. Par contre, par hectare de SAU, elle émet 7,5 t équivalent CO2 sous forme de gaz à effet de serre ou GES (dont 52 % lié au CH4, gaz entérique au pouvoir réchauffant important), consomme 27 003 MJ (énergie, carburant) et présente un excédent du bilan azoté de 104 kg d’N. « À l’arrivée, l’empreinte carbone nette – émissions brutes de Ges réduites du stockage de carbone – du produit lait est de 0,85 kg équivalent CO2 par litre de lait. Un peu moins que la moyenne bretonne. »

Plus de lait, moins d’animaux

Derrière ce diagnostic, un plan d’action à cinq ans a été déterminé pour réduire les émissions de méthane notamment : optimiser l’usage des concentrés, limiter le nombre de génisses et abaisser le taux de renouvellement de 53 % à 30 %, réduire la période improductive des animaux en diminuant l’âge au premier vêlage de 28 à 24 mois. L’empreinte carbone doit aussi s’améliorer « grâce à l’effet dilution » lié à l’augmentation de production attendue de 9 100 à 11 200 kg de lait par vache grâce au robot de traite de nouvelle génération et surtout à l’amélioration de la qualité du lait – moins de vaches réformées et plus de lait livré – en abandonnant l’ancien site plombé par des courants parasites (voir encadré). En 2029, il est prévu que la performance nourricière de l’exploitation atteigne 32 personnes par hectare de SAU. « Mais certains objectifs du plan d’action seront réalisés dès 2027 », termine Jeanne Lichou.

Toma Dagorn

L’enjeu carbone dans le bâtiment

« En m’appuyant sur le Cap2ER, j’ai trouvé intéressant d’intégrer les enjeux carbone dans la réflexion sur mon nouveau bâtiment », a exliqué Sébastien Botrel. Initialement, sa stabulation se trouvait à 1 km. « Déjà en traite robotisée mais bloqué, je voulais un site avec davantage de surface pâturable. » Le cœur de la ferme a ainsi déménagé en août au centre d’un îlot de 10 ha directement accessibles qui pourrait approcher les 15 ha (échange parcellaire, traversée d’un chemin). L’aire paillée a été abandonnée mais pas le fumier. « Le choix des logettes profondes paillées offre du confort de couchage et permet de conserver le fumier favorable à l’humus dans mes sols. » Le nouveau robot est moins gourmand en énergie, équipé d’un prérefroidisseur, et autoconsomme de l’énergie photovoltaïque de la toiture.


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