Thierry Collerais s’est installé en 2016 à Montreuil-sous-Pérouse, sur une ferme qui était en bio depuis 40 ans. « Initialement, mon système laitier était basé sur 70 vaches de races Prim’Holstein et normande », précise l’éleveur, en bio, dont le troupeau compte aujourd’hui 120 VL, principalement des kiwis ou croisées frisonnes.
« Progressivement, je m’oriente vers un type génétique plus léger, pour avoir des vaches qui se déplacent bien au pâturage et ne consomment plus de maïs. Désormais, je n’utilise plus du tout de concentré. Je suis aussi passé en monotraite, avec des vaches qui produisent environ 3 000 kg/an. »
Des paddocks journaliers de 1,20 ha
En 2020, le producteur a souhaité réorganiser et simplifier son pâturage. « J’ai opté pour un accompagnement d’un an par l’entreprise PâtureSens. Mon choix a été de découper le parcellaire en paddocks de 1,20 ha, sur lesquels les vaches passent une journée quelle que soit la saison. Au printemps, certaines parcelles sont débrayées et dès que la pousse de l’herbe devient insuffisante, je complémente avec de l’enrubannage qui est déroulé au champ. »
Généralement, les bovins sortent 24 h/24 à partir de début février jusqu’à fin novembre. « Cela me permet de gagner du temps. Ils restent propres. En début de saison, je les rentre parfois en bâtiment quand la portance des sols n’est pas suffisante. » Lors des coups de chaud, « je privilégie les parcelles avec de grands arbres. » Il y a quelques années, Thierry Collerais a planté 1,8 km de haies.

Saisir le nombre d’animaux et leur catégorie
Il y a 2 ans, il a investi dans un système d’automatisation de la supplémentation minérale (OpisPro de Terra Nutritech distribué en France par PâtureVision). Deux systèmes sont installés dans deux cabanes pour les protéger du gel. Deux pompes doseuses permettent l’apport de minéraux et oligo-éléments directement dans l’eau d’abreuvement, envoyée vers les pâtures ou dans le bâtiment.
Une supplémentation précise et simplifiée
« J’ai juste à saisir le nombre d’animaux, leur type et âge, et le dosage que je souhaite sur l’application smartphone et le système adapte directement la dilution selon le volume d’eau consommé par le cheptel. Je peux aussi contrôler s’il y a un défaut ou une fuite sur le circuit d’abreuvement. » Sur les pâtures des laitières, l’eau arrive via des tuyaux de 32 mm de diamètre dans des abreuvoirs en béton de 1 000 L (un pour 2 paddocks). Ces derniers sont équipés de flotteurs qui permettent un débit dépassant 300 L/minute, avec un remplissage par le bas.


Deux bidons de 200 kg/an
Chaque année, le producteur achète 2 bidons de 200 kg d’une solution minérale liquide complète, contenant notamment du manganèse, du sélénium, du magnésium, des vitamines… « Auparavant, je ne donnais pas de minéraux aux animaux. Mais je pense que c’est important pour leur santé et la reproduction. Le coût n’est pas trop élevé, à 7 ct €/VL/jour. Je n’utilise qu’un seul mélange minéral, mais d’autres supplémentations peuvent être ajoutées sur le système OpisPro. »
Agnès Cussonneau
Vers des bovins viande
La SAU compte 160 ha dont 155 ha d’herbe. « Je suis passé de 10 ha de cultures à 5 ha cette année, en féverole-triticale. Je verrai au printemps si je les utilise en fourrage ou si je les vends en grain », précise Thierry Collerais. Actuellement, il prend un autre tournant vers l’élevage de bovins pour la viande. Il produisait déjà des bœufs croisés angus et « envisage du croisement hereford. » Actuellement, le cheptel compte 80 vaches à la traite et 30 vaches allaitantes.
